Duché de Brienne et Duché de Rethel

Lieu de vie des familles di Favara & Fontanaz ainsi que de leurs vassaux
 
AccueilS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Et une de plus, une !

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant
AuteurMessage
Alienor
Rose Bleue de Brienne
Rose Bleue de Brienne
avatar

Nombre de messages : 483
Date d'inscription : 03/05/2011

MessageSujet: Re: Et une de plus, une !   Mar 17 Jan - 20:31

On y était. Non que la blondinette veuille hâter le moment où elle deviendrait officiellement vassale de la duchesse, après tout, depuis le moment où elles en avaient parlé pour la première fois, de l'eau avait coulé sous les ponts et on n'en était plus à 5 minutes près. Mais au moins cela permettrait à Maltea, une fois la cérémonie terminée, de retourner dans ses appartements, ne plus devoir supporter certaine présence. Aliénor resterait auprès d'elle d'ailleurs, elles auraient surement à parler. Aimelin peut-être aussi, si ses charges ne le rappelaient pas rapidement à Reims.
Parler, comme souvent au demeurant, d'ailleurs Aliénor avait bien noté le regard porté sur Adrian, peut-être était-il temps de rappeler à la duchesse le projet qu'elles avaient fait de passer outre ses doutes et ses peur, et d'aller voir Raffaella.

Mais en attendant, elle se rapprocha plus près encore, un regard vers
Sigillant, l'avantage d'une telle cérémonie entre deux membres de l'hérauderie, c'est qu'elles savaient comment cela devait se dérouler, avant de s'agenouiller devant la duchesse, tendant ses mains vers elle.
Pervenches fixées vers les émeraudes, la blondinette laissait les paroles arriver jusqu'à son esprit. L'évocation des plate-bandes de Juniville qu'elle avait consciencieusement saccagées, enfant, pour faire un bouquet de fleurs la fit sourire. Puis le sourire se figea, les battements du coeur s'accélérèrent à mesure que Maltea parlait. Maltea, si avare de mots lorsqu'il fallait parler sentiments, et dont les paroles qu'elle prononçait à cet instant, devant tous ceux présents, la touchaient bien plus qu'elle n'aurait pu l'imaginer.
Oh, elle avait assisté à de telles cérémonies, poursuivante accompagnant son héraut, qui bien souvent étaient expédiées, question, réponse, serment et emballé c'est pesé. Là elle savait que ce serait différent, parce qu'au fil du temps, chacune avait pris de l'importance dans la vie de l'autre. Mais de là à imaginer l’émotion qui l’étreindrait alors...

Un hochement de la tête pour confirmer qu'elle aussi, ressentait la même chose à son égard.
Et la question. Cette question qui aurait pu la faire fuir, tant elle avait peur de tout engagement, tout "pari" sur le futur, et à laquelle pourtant la réponse n'était qu'évidence. Et un silence, une boule au fond de la gorge, qui l'empêche de parler.
La duchesse l'avait-elle senti pour prononcer sa dernière phrase, ou s'agissait-il d'une de ces gaffes dont il lui arrivait d'être coutumière, toujours est-il que la nervosité d'Aliénor s'envola avec le fou rire qui la prit à ce moment là, ne pouvant s'empêcher de rétorquer d'une voix espiègle.


Ah, vous faites bien de le préciser, je dois avouer que j'ai eu un doute soudain, c'est que pour ce genre d'activités, vous n'êtes pas tout à fait mon genre !

Reprendre son sérieux, inspirer largement, puis prendre la parole à nouveau, d'une voix posée, les yeux toujours dirigés vers ceux de la duchesse.

Votre Grâce...

et oui, même après tout ce temps, elle n'arrivait pas à l'appeler par son prénom. Respect, pudeur, qui n'empêchait en rien le lien fort qui les unissait et que Maltea avait rappelé

Lorsque vous m'avez fait cette demande, la première fois, dans cette taverne de Reims, vous m'aviez alors dit que c'était pour retrouver mon rang. C'est pour cette raison que j'avais immédiatement accepté.
Je ne connaissais pas grand chose de vous, hormis ce que j'en avais entendu, en bien comme en mal, vous ne saviez de moi que ce que j'étais, la fille de Magdeleine d'Assas et d'Estienne Vastel, ces points communs de notre passé, dont vous souhaitiez rappeler la mémoire par votre proposition.
et avec un léger sourire Et l'enfant qui avait préféré faire un bouquet de fleurs que d'assister à la cérémonie d'anoblissement de son père.
Pour le titre que vous me proposiez, j'avais dit oui, je n'ai aucune honte à l'avouer. Sans réfléchir à ce que cela pouvait entraîner, un engagement, une promesse, la vision d'un demain. D'autant que vous savez à quel point ce sont des choses que je redoute ! Et puis il y avait aussi ce pied de nez à la vie, que la fille de la vassale de Chelles devienne vassale de Brienne, quelle ironie quand on sait le "léger" antagonisme entre les deux maisons !
Mais les jours, les semaines, les mois ont passé, et nous avons appris à nous connaître, à nous apprécier. Nous avons partagé de nombreux moments, en taverne, au sein de l'hérauderie, l'armée aussi, mais également des discussions plus personnelles. Vous savez le profond respect que j'ai pour vous, l'affection aussi, et tout ce sur quoi il est impossible de mettre des mots, parce qu'on les ressent et qu'on les vit.
Ce lien dont vous parlez, oui, il existe, profond, complice. Vous êtes l'une des deux personnes les plus chères à mon coeur, les plus importantes dans ma vie.


Une pause, pour reprendre un peu son souffle, avant de donner sa réponse, même si finalement personne n'en doutait.

Alors pour toutes ces raisons, devant mon passé ici représenté, devant mon présent, du fond de mon coeur et avec fierté, j'accepte l'avenir que vous m'offrez.

Qu'est-ce qu'elle pouvait être bavarde, la blondinette, quand elle s'y mettait, alors qu'un simple oui aurait suffi !
Et les pervenches qui lâchent les émeraudes pour se diriger vers
Sigillant. Allait-il intervenir ou pouvait-elle enchaîner sur son serment ?
Revenir en haut Aller en bas
Cedmisc
Fantomisc/Fantomaz
Fantomisc/Fantomaz
avatar

Nombre de messages : 281
Date d'inscription : 30/08/2011

MessageSujet: Re: Et une de plus, une !   Jeu 19 Jan - 0:58

[Toujours à l'entrée...]


"Encore une lumière... j'ai vraiment de la chance moi aujourd'hui." Cedmisc retint un long soupire qui ne cherchait qu'à s'échapper.

"Merci pour votre offre, mais je ne sais trop. Je ne voudrai pas prendre la part de votre collègue. Votre travail est suffisamment difficile comme ça et puis il risquerait de ne pas apprécier." "Et surtout si tu continues à t'obstiner à ne pas vouloir me laisser rentrer c'est moi qui vais te "boustiffailler" non mais!""Bon calme-toi Ced et reprends toi."

Il allait falloir ruser. Que faire? il observait les environs dans l'espoir d'y déceler un élément pouvant l'aider. Mais rien... Il fallait obligatoirement passer ses grilles pour entrer dans le domaine et ce garde, seul, l'empêchait de le faire. L’assommer ou le tuer n'était assurément pas une solution et surtout n'était pas dans sa nature, bien que l'envie à ce moment là ne lui manquait pas.

Soudain la fulgurance. Une idée germa dans son esprit. Un sourire se dessina sur ses lèvres. Si cet idiot persistait... et bien tant pis pour lui...


"Enfin..." reprit-il "On peut toujours partager un coup à boire, il en restera toujours à votre camarade et puis surtout..." Il s'arrêta soudain, faisant mine de réfléchir en observant le garde. Puis prenant un air mystérieux et poursuivant à voix basse: "D'ailleurs puisque vous m'êtes sympathique je vais vous dire, j'ai dans les sacoches attachées à mon cheval une excellente bouteille qui vaut le détour. De vrais bijoux! Un goût admirable! J'ai également une fiole avec une spécialité de chez moi. Si cela vous dit je peux aller les chercher."

Il attendit impatiemment la réponse du garde.
Revenir en haut Aller en bas
Renlie

avatar

Nombre de messages : 4
Date d'inscription : 05/01/2012

MessageSujet: Re: Et une de plus, une !   Jeu 19 Jan - 1:09

Sigillant écoutait religieusement les deux femmes, l'un demandant l'autre en mariage, sur le coup de l'émotion gaffienne qui caractérisait Champagne.

Une fois leur attachement mutuel exposé, et l'engagement accepté, il prit enfin la parole.


Votre Grâce, Dame Aliénor, si c'est pour moi un baptême du feu ce soir, je crois surtout que je n'aurais pu rêver un tel cas d'école. Je ne passerai pas une heure à vous faire l'étalage des liens qui lient un suzerain à son vassal, et inversement, tant il semble que vous en soyez l'incarnation personnalisée, en vous témoignant ainsi le respect, la fidélité, et la loyauté qui sont les valeurs indivisibles de la noblesse et du serment que vous allez prêter devant cette assemblée.

Dame Aliénor, je me tourne vers vous à présent pour vous demander solennellement, jurez-vous sur le Livre des Vertus de recevoir librement des mains de Sa Grâce Maltea Wagner di Favara, Duchesse de Brienne, le fief de Lesmont en vasselage, de ne jamais lui faire défaut, de toujours l'assurer de votre soutien, de lui prêter vos bras et lame si elle venait à les requérir ?


Il lui présenta alors le Livre des Vertus afin de prononcer les mots idoines.
Revenir en haut Aller en bas
Le garde

avatar

Nombre de messages : 43
Date d'inscription : 13/02/2009

MessageSujet: Re: Et une de plus, une !   Jeu 19 Jan - 12:56

[Petit intermède au poste de garde, toujours... ]

L'était pas pédant, l'homme, l'était même attentionné, pensant au collègue dont le garde lui proposait de prendre la part. Ah, des comme ça, y'en avait pas tous les jours, surement que d'autres auraient accepté de suite. Et puis il comprenait, lui, qu'être garde du domaine, c'était pas des plus reposants. Bombant le torse, il répondit alors

- Ah ça c'est ben vrai, qu'not' travail est pas facile tous les jours. Monter la garde, quand y fait beau ça va, mais quand y pleut, vous imaginez ? Alors j'vous parle même pas d'quand y neige et qu'y fait froid en plus ! Et pis, c'est qu'elle est quand même sacrément lourde, la grille, alors quand faut l'ouvrir plusieurs fois dans l'même jour, vous comprenez ?!

Pas sûr qu'il comprenne en fait, l'avait pas l'air du genre à faire ce genre de boulot. Mais tant pis, c'est qu'il était quand même fier, le garde, que quelqu'un reconnaisse la dureté de son labeur.

- Et pour mon collègue, bah vous savez c'qu'on dit ? Quand y'en a pour deux, y'en a pour trois !

Bon c'était pas tout à fait vrai le concernant, quand y'en avait pour trois, même s'ils n'étaient que deux, ben ils mangeaient pour trois quand même ! Et puis c'était vrai qu'elle était un cordon bleu, la cuisinière, ç'aurait été dommage de gâcher ! A se demander parfois s'il avait pas des origines auvergnates, le garde.

- Alors franch'ment, faut pas qu'ça soye ça qui vous gêne !

Regard interrogatif, accepterait, accepterait pas ? Et le sourire qui s'élargit en entendant la proposition qui lui était faite. Ah non, l'était pas pédant, et en plus l'était sympathique ! C'est que ça changerait de la gnole, une bonne bouteille et une spécialité "de chez moi". Même s'il savait pas où c'était, le "chez moi" en question.

- Ben c'est vraiment gentil à vous, c'que vous proposez, c'pas tous les jours qu'j'rencontre quelqu'un comm' vous ! Et c'pas d'refus, un peu comm' donnant donnant, j'fournis l'frichti et vous c'qui va l'faire descendre !
Z'avez qu'à aller aux écuries, j'vous attendrai. Z'avez vu par où mon collègue est parti ? Suffit d'prendre l'même ch'min !

Et d'ajouter quand même, parce qu'il était curieux.

- 'Tendez ! Quand vous dites "de chez vous", c'est par où "chez vous" ?
Revenir en haut Aller en bas
Alienor
Rose Bleue de Brienne
Rose Bleue de Brienne
avatar

Nombre de messages : 483
Date d'inscription : 03/05/2011

MessageSujet: Re: Et une de plus, une !   Jeu 19 Jan - 17:20

[Salle de réception]

Pervenches dirigées vers Sigillant, donc, et un sourire en l'écoutant parler, se retenant de réagir au "Dame" comme elle le faisait d'habitude en rétorquant alors que du haut de ses seize années elle était encore damoiselle. Mais Dame elle allait devenir, de par le titre qui allait lui échoir, et il faudrait bien qu'elle s'y habitue.

Et tandis que le héraut s'adressait à elle, les mains lâchèrent celles de la duchesse, la dextre allant frôler du bout des doigts la gravure du médaillon, la rose et le chardon entrelacés. Le symbole de Chelles, et du lien qui avait uni sa mère à ses suzerains. Ce lien si fort, cet engagement si profond qu'elle n'avait pas hésité lorsque Tomsz avait mandé son aide et son épée, et qu'elle en était morte. Serait-elle capable, la blondinette, d'en faire autant ? Et à cette question, la réponse lui vint aussitôt, après tout n'avait-elle pas déjà prouvé qu'elle le pouvait, lorsqu'en cette fin du mois d'Août, Aimelin et elle avaient pris la route de Conflans pour rejoindre à sa demande l'armée de la duchesse qui y était stationnée, plutôt que de partir pour ce voyage dont ils parlaient depuis si longtemps. Elle l'avait déjà fait, oui, au nom du lien qui s'affirmait entre les deux blondes.

Alors elle hocha la tête, posant la main sur le Livre des Vertus qui lui était présenté. Une large inspiration avant de prononcer ces mots qui allaient la lier à Maltea, plongeant ses pervenches dans les émeraudes.


Moi, Aliénor Vastel... une hésitation d'une fraction de seconde, mais après tout, c'était aussi rendre hommage à sa mère que d'y rajouter son nom à elle... d'Assas, jure ici et maintenant, à vous Maltea Wagner di Favara, Duchesse de Brienne, de devenir librement votre vassale en recevant le fief de Lesmont. Je fais le serment de vous porter aide et conseil lorsque vous me le demanderez enfin concernant les conseils, même si vous ne me les demandez pas ! De vous être fidèle et loyale ; de ne jamais nuire à votre personne ou vos biens ; de prendre soin des terres que vous me confiez, et d'être juste envers ceux qui y vivent. De continuer à vous servir, avec respect, amitié et honneur, et d'être digne de la confiance que vous me témoignez, par mes actes au delà des mots prononcés.
Un petit sourire avant d'ajouter sa devise Res, non verba

Res, non verba. Des actes, plus que des mots. Car oui, combien en avait-elle entendus, des mots prononcés mais jamais suivis d'effet. Les paroles ne sont rien si les actes ne sont pas en accord, ce sont eux qui montrent, plus que tout, la réalité des choses et des sentiments, du moins le pensait-elle.

Pervenches qui quittent les émeraudes pour se tourner à nouveau vers
Sigillant. Oui bon, elle n'avait pas répété stricto sensu ses propres paroles, mais le fond était là, non, à défaut de la forme ?
Revenir en haut Aller en bas
Renlie

avatar

Nombre de messages : 4
Date d'inscription : 05/01/2012

MessageSujet: Re: Et une de plus, une !   Jeu 19 Jan - 19:06

Tandis qu'Aliénor prêtait serment, le prononçant avec un phrasé propre, qui représentait sa vision du lien qui allaient les être scellé, Sigillant observa la réaction de Champagne, forteresse imprenable s'il en était, aussi attachante qu'exaspérante quand elle s'y mettait.

Res, non verba.

La suzeraine devait à présent confirmer le serment, aussi il lui présenta-t-il à son tour de le Livre des Vertus.

Votre Grâce, cette femme vous a prêté serment d'aide et de conseil, de fidélité et de dévouement.
Il vous sera en retour demandé aide, justice et subsistance.

Vous engagez vous à remplir vos devoirs de suzeraine?
Revenir en haut Aller en bas
Cedmisc
Fantomisc/Fantomaz
Fantomisc/Fantomaz
avatar

Nombre de messages : 281
Date d'inscription : 30/08/2011

MessageSujet: Re: Et une de plus, une !   Sam 21 Jan - 17:18

Il hocha la tête quand le garde lui parla de son travail. Il le comprenait parfaitement même si sur le moment il n'en avait pas grand chose à faire, l'esprit plus tourné vers d'autres considérations.

Heureusement pour lui, son stratagème semblait fonctionner. Il se dit qu'il aurait pu y penser plus tôt: peu d'hommes refusait une bonne bouteille, même pas lui. Le feu vert étant accordé, Ced tourna la tête en direction des écuries; répondant au garde:


"Oui oui j'ai bien vu où votre collègue est parti. Aucun soucis que je me perde."

Un sourire apparut sur son visage. Jusqu'à son cheval il ne pourrait pas se tromper mais après pour trouver la duchesse... Il espérait que la demeure ne soit pas aussi labyrinthique que le château de Reims. Il y avait peu de chance quand même, encore que connaissant son occupante... Alors qu'il commençait à partir le garde le héla. Décidément ce dernier ne voulait pas le lâcher.


"Chez moi? Ah oui! Vous voulez dire pour la spécialité? Et bien je suis originaire de Savoy où j'ai passé mon enfance."
Tout en reprenant sa marche, il poursuivit:
"Vous verrez, c'est assez fort mais c'est excellent. Surtout pour soigner les rhumes."

Il tâcha de hâter un peu le pas, dès fois que le garde aurait encore envie de lui faire causette.

Revenir en haut Aller en bas
Le garde

avatar

Nombre de messages : 43
Date d'inscription : 13/02/2009

MessageSujet: Re: Et une de plus, une !   Dim 22 Jan - 11:57

[Poste de garde, suite... et fin ?]

Un grattement de tête de la part du garde. Savoy, qu'il avait dit, l'homme, mais c'était où, ça, Savoy ? Ses connaissance en géographie étaient très limitées, Brienne, il connaissait, Reims, Sainte-Ménéhould ou Compiègne, il arrivait à situer à peu près, vu que sa duchesse y avait des propriétés, mais Savoy, jamais entendu. D'ailleurs c'était quoi, une ville, une province, un pays ?

L'homme s'éloignait en direction des écuries, et il ne voulait pas le retenir davantage, alléché par l'idée de découvrir quelque chose qui le changerait de sa gnole habituelle. Fort mais excellent, qu'il avait dit, ben on verrait ! Et puis ça soignait les rhumes, ça devait être que du bon alors. Même s'il était pas enrhumé mais il allait pas s'arrêter à ce détail non plus !
Faudrait juste qu'il pense à pas trop abuser, ça ferait quand même mauvais effet qu'il soit plus en mesure d'ouvrir les grilles après ça, la duchesse serait pas contente, mais alors pas contente du tout, et quand elle était en colère valait mieux pas être dans les parages.
Quoiqu'au pire, y'aurait qu'à espérer que le collègue soit revenu pour s'en charger, d'ouvrir les grilles, d'ailleurs pourquoi c'était toujours lui qui s'y collait, hein ?!

Un dernier regard vers l'homme, songeant qu'il lui demanderait où c'était, Savoy, en plus ça ferait l'occasion de taper la discute en attendant que son cheval soir referré, avant de rentrer dans le poste de garde en se frottant les mains.
Pour se réchauffer, ou satisfait par l'idée de découvrir quelque chose qui le sortirait de son ordinaire ? Sans doute un peu des deux !
Revenir en haut Aller en bas
Cedmisc
Fantomisc/Fantomaz
Fantomisc/Fantomaz
avatar

Nombre de messages : 281
Date d'inscription : 30/08/2011

MessageSujet: Re: Et une de plus, une !   Dim 22 Jan - 23:25

Quelques pas de plus en retenant son souffle... Non, aucune parole. Il jeta un rapide coup d’œil derrière lui pour constater avec satisfaction que le garde était retourné dans son poste. Ouf!... Objectif atteint non sans moult efforts. Maintenant il fallait s'occuper de l'objectif principal de cette mission: rencontrer Maltéa, si possible sans témoin. Il n'avait pas envie qu'Aliénor ou un autre cerbère de la duchesse viennent l'empêcher de lui dire ce qu'il avait à lui dire. Quelle ironie d'ailleurs, si Maltéa savait ce qu'il comptait lui dire, elle ne se serait sûrement pas autant cachée.

Hop! Il passa devant les écuries discrètement, sans s'arrêter et en vérifiant bien qu'il n'ait pas été vu, pour poursuivre vers la demeure. Il s'accorda une petite pause derrière un bosquet pour examiner la situation. D'abord par où entrer?

A l’esbroufe en passant par la porte principale? Mauvaise idée surtout en pleine cérémonie. Il fallait chercher une porte dérobée... Il sortit de son bosquet et toujours aussi discrètement entreprit de faire le tour de la bâtisse. Alors qu'il arrivait sur la partie ouest il dut se cacher pour éviter de se faire voir par un garde qui passait par là. Ce faisant il aperçut un porte d'où s'échappait une fumée. Sûrement les cuisines. Et sûrement aussi son unique chance de rentrer. Ni une ni deux il franchit la porte.
Revenir en haut Aller en bas
Margaux

avatar

Nombre de messages : 14
Date d'inscription : 18/02/2009

MessageSujet: Re: Et une de plus, une !   Lun 23 Jan - 13:04

[Cuisines, chaleur et repos... enfin repos, peut-être pas !]

Elle n'avait cessé de courir depuis l'aube à droite et à gauche, la jeune servante, aussi s'était-elle accordée une petite pause. La cérémonie se déroulait dans la salle de réception, et si d'aventure la duchesse avait besoin d'elle, elle le ferait savoir et Margaux accourrait.
Mais pour l'heure, elle était assise devant la grande table en chêne qui accueillait les serviteurs de la maisonnée lorsqu'ils partageaient les repas. Elle n'avait même pas encore eu le temps de manger, aussi avait-elle accueilli avec soulagement les mets que la cuisinière avait déposés à son intention.
Une petite pause, dans les cuisines, profitant de la chaleur dégagée par la grande cheminée, de l'odeur du pain qui cuisait dans le four, et de l'animation des lieux. C'est que la cusinière, quand elle n'houspillait pas les marmitons, était bavarde, et le silence n'était pas de mise !

Margaux planta ses dents dans le morceau de pain accompagné d'une part de fromage, avant de se saisir de la cuillère pour la plonger dans l'écuelle contenant ce brouet que la cuisinière réussissait si bien.
La porte qui s'ouvrait la fit machinalement lever les yeux, ces derniers s'attardant sur celui qui venait de faire son apparition. Regard étonné, s'il était d'usage que les serviteurs du domaine passent par l'office, celui-ci n'en était pas un. Un livreur peut-être ? Hm... il n'en avait pas l'allure, et qui plus est ses mains étaient vides.

Reposant la cuillère sur la table, Margaux se leva du banc sur lequel elle était assise, s'adressant à l'inconnu d'une voix suspicieuse.


- Je peux savoir qui vous êtes ? Et ce que vous faites ici ?!
Revenir en haut Aller en bas
Maltea di Favara
Chieuse de Brienne
Chieuse de Brienne
avatar

Nombre de messages : 1643
Localisation : Duché de Brienne, Rethel & de Joigny, Baronnie de Beaufort ou Seigneurie de Menneville
Date d'inscription : 08/01/2009

MessageSujet: Re: Et une de plus, une !   Lun 23 Jan - 16:50

Sa main se posa sur le livre des vertus présenté par Sigillant alors qu'elle se préparait à prononcer les mots... mots si souvent prononcés mais qu'elle pensait à chaque fois et pas simplement pour faire joli.

Moi, Maltea Wagner di Favara, Duchesse de Brienne, Duchesse de Rethel, Baronne de Beaufort et Dame de Menneville, jure devant témoin et sous l’œil du très haut, protection et bonne justice ainsi que subsistance à Alienor Vastel, faite Dame de Lesmont selon ma volonté, ainsi qu’à sa descendance et à son époux, lorsque cette situation se présentera.

Otant sa main du livre sur lequel elle venait de jurer, elle releva doucement Aliénor et ses lèvres s'approchèrent de celles de la jeune blonde afin de sceller les paroles, le pacte, entre les deux jeunes femmes. L'échange fut léger et la duchesse en profita pour lui offrir un petit présent. Glissant la main dans sa poche, elle en sortit l'écran qu'elle ouvrit, dévoilant ainsi la bague aux yeux d'Aliénor...

Cette bague est le symbole du lien qui nous unis. J'aurais pu choisir une bourse contenant la terre de la seigneurie de Lesmont dont tu es à présent la Dame, mais j'ai opté pour ce bijou qui m'a été offert par Richard et qui représente beaucoup pour moi. Je te sais digne de ma confiance et je sais que tu seras parfaite pour administrer les terres de ce domaine ainsi que veiller sur les villageois. A partir d’aujourd’hui, le château de Lesmont ainsi que ses dépendances sont tiens.

Petit sourire à Aliénor, attendant maintenant le contreseing et les armes que porterait dorénavant Aliènor.

**********************
Revenir en haut Aller en bas
Cedmisc
Fantomisc/Fantomaz
Fantomisc/Fantomaz
avatar

Nombre de messages : 281
Date d'inscription : 30/08/2011

MessageSujet: Re: Et une de plus, une !   Lun 23 Jan - 18:09

Il franchit la porte sans avoir été vu par quiconque. Enfin sauf par la servante qui était dans les cuisines bien sur... Elle n'avait pas l'air d’apprécier son intrusion. Il fallait surtout se montrer amical et trouver une excuse valable.

"Moi? Et bien, je viens pour la cérémonie. Mon cheval a eu un petit soucis de fer ce qui m'a retardé. J'ai du passer à l'écurie pour m'assurer qu'on s'occuperait bien de lui. C'est qu'il m'a couté cher! C'est là qu'on m'a dit que je pouvais entrer par ici, que le chemin était plus court. Et vous? Vous êtes? La cuisinière?"

A peine le temps de lui laisser répondre qu'il enchaîna:

"En tous cas, je ne vais pas vous déranger bien longtemps, vous devez avoir du travail. Et moi je dois être attendu."

Et ni une ni deux il fila à l'anglaise sans attendre de réponse cette fois.
Revenir en haut Aller en bas
Alienor
Rose Bleue de Brienne
Rose Bleue de Brienne
avatar

Nombre de messages : 483
Date d'inscription : 03/05/2011

MessageSujet: Re: Et une de plus, une !   Mar 24 Jan - 12:43

Il y a des moments comme ça, où l'émotion vous envahit à tel point que les mots prononcés paraissent bien dérisoires. Et pour Aliénor, ce moment-là était arrivé.

Ce moment-là, ce n'était pas lorsque la duchesse fit à son tour son serment à la demande de
Sigillant. La blondinette savait les paroles sincères et d'ailleurs, comme pour elle, il n'y avait jamais eu besoin de ces mots pour que les faits parlent d'eux-même. Tout juste avait-elle affiché un léger sourire lorsque Maltea avait évoqué des éventuels époux et descendance. Si cela n'était pas à l'heure actuelle à l'ordre du jour, peut-être, plus tard, réussirait-elle à dépasser sa peur de s'engager et d'envisager de fonder une famille. Cette peur qui trouvait ses racines dans son histoire, dans son passé, ce qu'avaient vécu ses parents et qui avait fait d'elle une orpheline. Penser un avenir, faire des projets, des promesses, pour l'heure elle ne s'en sentait pas le courage, même si au fond d'elle, tout au fond, l'idée était moins affirmée qu'elle ne se le laissait croire à elle-même pour s'en persuader.

Et ce moment-là, ce n'était pas non plus lorsque Maltea la releva pour procéder à la suite de la cérémonie, le baiser vassalique. Lèvres qui s'effleurent, échange des souffles, et la blonde adolescente ne put s'empêcher de murmurer à la seule intention de la duchesse
je confirme ce que j'ai dit tout à l'heure, vous n'êtes vraiment pas mon genre !
Tête qui se tourne brièvement vers l'assemblée, cherchant Aimelin du regard pour lui adresser un clin d'oeil. Non, vraiment elle préférait le goût de ses baisers à lui !

Non, l'émotion, ce fut lorsque sa maintenant officiellement suzeraine ouvrit l'écrin pour dévoiler le présent qui scellait leur lien aux yeux de tous. Pervenches qui passent, interdites, de la bague ainsi dévoilée, aux émeraudes ducales. Une bague, oui, mais pas n'importe laquelle. Outre la beauté et la délicatesse du bijou qui ne faisaient aucun doute, c'était surtout le fait qu'il ait été offert à la duchesse par son défunt époux, et qu'elle s'en sépare pour le lui confier à son tour, qui lui donnait toute sa valeur aux yeux de la blondinette. Point n'avait été besoin que Maltea précise ce que cette bague représentait pour elle pour qu'Aliénor comprenne, au delà des mots, à quel point ce présent était symbolique.

Passant la bague à l'annulaire de sa main droite, les yeux brillants, elle lui répondit, d'une voix dans laquelle ceux qui la connaissaient bien pouvaient distinguer un léger tremblement.


Je vous promets de continuer à être digne de cette confiance... Un regard vers la bague qui ornait maintenant son doigt... Jamais elle ne me quittera... Merci ...

Oui, les mots pouvaient paraître bien dérisoires lorsque l'émotion vous submergeait...
Revenir en haut Aller en bas
Margaux

avatar

Nombre de messages : 14
Date d'inscription : 18/02/2009

MessageSujet: Re: Et une de plus, une !   Mar 24 Jan - 15:32

[Cuisines, ben si, repos !]

L'explication tenait la route, l'accès le plus proche pour le château en venant des écuries passant effectivement par les offices. Et depuis les cuisines où elle se trouvait, Margaux ne pouvait savoir qui était déjà arrivé ou non des invités, et puis si l'homme était dans le domaine, c'est que le garde l'avait laissé entrer. Il n'aurait pas ouvert la grille à n'importe qui, c'est que les consignes étaient strictes et que chacun savait ce qu'il en coutait d'y désobéir.
M'enfin, il aurait quand même pu faire le tour et passer par la grand porte, elle aurait l'air de quoi, si ça se savait que les invités entraient par les communs ?!

Et voila qu'il lui renvoyait sa question ! Qui elle était, est-ce qu'elle avait l'air d'une cuisinière ?! Et de lui rétorquer


- Je suis Margaux, une des servantes de sa Grâce !

Visiblement, il s'en fichait, puisqu'à peine avait-elle répondu qu'il avait pris la direction de la porte menant au corps principal du château. Même pas le temps de lui expliquer où se trouvait la salle de cérémonie.
La jeune servante haussa les épaules, au mieux il serait guidé par les voix, au pire il se trouvait suffisamment de serviteurs parcourant les couloirs pour le renseigner si besoin.
Elle se rassit et reprit sa cuillère. C'était pas cet intermède qui allait l'empêcher de profiter de son repas !
Revenir en haut Aller en bas
Renlie

avatar

Nombre de messages : 4
Date d'inscription : 05/01/2012

MessageSujet: Re: Et une de plus, une !   Mar 24 Jan - 21:03

Le serment était échangé en bonne et due forme, l'émotion particulière qui l'imprégnait de part et d'autre le rendant des plus authentiques.

Tandis qu'il faisait chauffer la cire et y appliquait sa matrice personnelle, Sigillant terminait la rédaction du contreseing, qu'il allait remettre à Aliénor. Un beau scel plus tard, le document était fièrement présenté à l'impétrante.


Duchesse, Dame, je suis témoin aujourd'hui de l'échange des promesses héraldiques et vassaliques. Dame Aliénor, Dame de Lesmont, vous entrez ce jour dans la noblesse champenoise, soyez en digne et faites honneur à votre suzeraine. Dame Maltea Wagner di Favara, Duchesse de Brienne, soyez juste avec votre vassale et veillez sur elle, vos intérêts sont ses intérêts et vous voilà responsable de ses éventuelles dérogeances... Enfin, je suis certain qu'il a aucun souci à ce faire de ce côté-là! ponctué d'un sourire innocent à Maltea.

Il présenta alors le blason de Lesmont à Alienor.


Voici vos armoiries, vous porterez: D'azur au mont de trois coupeaux d'or, accosté de deux lions adossés du même, au chef cousu du champ semé de billettes d'or. Je vous rappelle que vous devez les porter en tout lieu. Je suis très honoré d'avoir été le témoin d'un acte aussi fort dans la vie d'une personne. Voici votre patente.

Citation :
Par la présente, Nous, Renlie d'Evrecy, Héraut d’Armes Royal es Sigillographie, dict «Sigillant», et Héraut plénipotentiaire du Berry

Faisons acte de la demande de Sa Grasce Maltea Wagner di Favara, Duchesse de Brienne, Duchesse de Rethel, Baronne de Beaufort, et Dame de Menneville, Héraut d’Armes Royal de Champagne, quant à l'octroi d'une seigneurie se trouvant sur ses terres de Brienne sise sur le fief nommé Lesmont, à Dame Aliénor Vastel.

Après recherches héraldiques dument entérinées, le fief de Lesmont est bien seigneurie de Brienne.

Elle portera: « D'azur au mont de trois coupeaux d'or, accosté de deux lions adossés du même, au chef cousu du champ semé de billettes d'or » soit, après dessin :



Je joins à la présente patente, copie du courrier officiel concernant la demande d'anoblissement.

Citation :
Au Roy d'Armes,
Au Maréchal d'Armes en charge de la Champagne,
A moi même,


Salutations et paix !

Par la présente, je vous informe de mon désir d'ennoblir damoiselle Aliénor Vastel, en souvenir de ses parents, qui ont longuement oeuvré de leur vivant pour la Champagne et le Royaume. Afin d'honorer leur mémoire, je souhaite lui faire retrouver le rang qu'elle a perdu à leur décès, en la faisant dame de Lesmont et lui confiant ces terres rattachées au duché de Brienne.

Respectueusement

Fait sur le coin du bureau de l'alcôve champenoise en la Chapelle Saint-Antoine, le IIIe jour de janvier de l'an de grâce MCDLX

Maltea Wagner
Duchesse de Brienne & de Rethel
Baronne de Beaufort
Dame de Menneville



Par nostre Scel, actons ce document comme valide et conforme aux règlements Héraldiques et nous certifions, avoir été le témoin Héraldique des serments vassaliques échangés entre l'octroyant et l'octroyée.

Faict le cinquième jour du mois de janvier 1460 sous le règne de nostre Reyne Nebisa Ière.


Revenir en haut Aller en bas
Cedmisc
Fantomisc/Fantomaz
Fantomisc/Fantomaz
avatar

Nombre de messages : 281
Date d'inscription : 30/08/2011

MessageSujet: Re: Et une de plus, une !   Mer 25 Jan - 23:17

Un bonne chose de faite! Il était parvenu à entrer dans la partie principale du château, la servante n'ayant pas fait d'histoire. Maintenant il s'agissait de trouver Maltéa. Il se doutait bien qu'elle devait être en salle de cérémonie, la conversation qu'il avait surprise l'ayant renseigné sur la nature de cette cérémonie. Il était donc hors de question pour lui de perturber celle-ci, la jeune femme anoblie ce jour méritant cet honneur.

Caché derrière un pilier près de la salle où il entendait vaguement les échanges cérémoniels, guettant le passage des servants, il avait réfléchit à la suite des évènements. Il voyait deux possibilités: soit rester caché près de l'entrée de la salle de cérémonie, pour pouvoir observer la sortie des invités et éventuellement suivre la blonde, soit se cacher dans un endroit où la duchesse serait sure de passer. La première solution offrait l'avantage de pouvoir agir rapidement mais était très risqué au vu du monde qui circulait. De plus il n'était pas sûr de pouvoir suivre Brienne sans se faire repérer. Il opta donc pour le second choix, même si l'attente risquait d'être longue. Surtout si sa proie décidait de quitter le château pour s'en retourner à Sainte-Ménéhould.

Il avait choisi sa cachette, il ne voyait que celle-ci qui soit pertinente dans sa situation. Il ne savait pas combien de temps il aurait à attendre mais il y avait peu de chance que l'on vienne le chercher là-bas, parce qu'on risquait fort d'aller à sa recherche quand le garde aurait vraiment le gosier trop sec. Restait juste à ne pas se tromper de chambre.

Après avoir attendant patiemment que la voie soit libre, il se glissa hors de sa cachette pour filer à travers les couloirs, à pas de loup, l’œil et les oreilles aux aguets.
Revenir en haut Aller en bas
Aimelin
Prévôt
Prévôt
avatar

Nombre de messages : 275
Age : 97
Date d'inscription : 01/12/2008

MessageSujet: Re: Et une de plus, une !   Jeu 26 Jan - 11:24

Il avait écouté sans sourciller, sans broncher, osant à peine respirer de peur de troubler ces échanges qu’il respectait au plus haut point entre ces deux jeunes femmes dont il était proche. L’une par un passé commun depuis janvier 56 qui avait fait place à une amitié sans faille, et l’autre par un présent qu’il partageait depuis ce jour de mai où un baiser était venu faire basculer l’amitié en un drôle de sentiment, une relation qui restait en équilibre, un peu comme cette pièce que l’on fait tournoyer sur sa tranche et qui hésite avant de basculer côté pile ou face.

Basculeraient ils un jour vers un demain, question qu’il se posait souvent surtout depuis sa rencontre avec Terwagne. Avec elle la relation coulait de source. Mais avec Aliénor, ils s’étaient mis de suite cette barrière qui les faisait vivre au jour le jour et qui le faisait souvent se questionner, se rendant compte de la place et de l’importance qu’elle prenait à ses yeux au fur et à mesure que le temps passait à ses côtés… et il savait cette pointe de jalousie qui le tiraillait lorsqu’un homme bien trop empressé de plaire tournait autour d’elle-même de façon imperceptible. Ne rien dire, rester à l’écart comme elle le faisait avec Terry, respecter son espace. Chose qui n’était pas facile pour lui mais qu’il faisait par respect.

" … ne laisse pas ta vie te glisser entre les doigts, erreur que j'ai faite et que je regrette amèrement. "… la phrase de sa blonde chieuse tournait et retournait dans sa tête, tandis qu’il suivait ému l’échange de promesses entre les deux femmes et que son regard se posait sur une bague, en même temps que ses pensées s’envolaient vers un jour de février 57 en ce même château, dans cette même salle de réception. Un autre temps, d’autres personnes, et eux encore liés.

Fallait il qu’Aliénor soit importante aux yeux de la Duchesse pour qu’elle lui donne ce bijoux si précieux à son cœur. Un sourire s’afficha lorsque la nouvelle Dame de Lesmont reçut ses armoiries.

En ébouriffé bien éduqué, il attendrait la fin de la cérémonie pour aller la féliciter comme il se doit.


**********************
Revenir en haut Aller en bas
Le_Messager

avatar

Nombre de messages : 1
Date d'inscription : 28/01/2012

MessageSujet: Re: Et une de plus, une !   Sam 28 Jan - 12:42

Il avait chevauché des jours et des nuits pour arriver en terre champenoise. Parti un beau matin sur les ordres directs de la Baronne de Courcy, il n’avait eu de cesse de remplir sa mission. Rien ne saurait le détourner de son devoir. Oh certes, ce n’était qu’un pli après tout et peut être que cela n’avait guère d’importance pour certains mais lui il avait vu dans le regard de la noble de Normandie toute la tristesse des mauvais jours, tout le chagrin que seule la mort peut provoquer. Alors il avait chevauché.

Arrivé depuis le matin du côté de Brienne, le messager avait du demander sa route à quelques badauds rencontrés de ci, de là… certains avaient la gentillesse de lui répondre, d’autres avaient fais la sourde oreille alors il avait fini par ne plus faire attention à ses sauvages de Champagne et avait fini par trouver par lui-même. La demeure n’était pas non plus invisible et au sortir d’une forêt, il fut arrivé aux grilles du domaine. La garde, il en faisait son affaire. La Baronne lui avait bien signifié que rien ne devait l’arrêter, rien ni personne. Que coûte que coûte, il devait rester vivant tout en traversant les terres parfois hostiles pour déposer ce pli en mains propres et ce fut ce qu’il s’attacha à faire. Le messager expira en descendant de cheval puis se présenta à la garde.


Ola braves gens, je suis un messager envoyé par la baronne de Courcy qui demande à voir Sa grasce Maltea Wagner di Favara… J’ai un pli à lui remettre en urgence…

L’homme sortit la lettre cachetée aux armoiries de la noble normande afin de prouver ses dires et la grille fut ouverte. On le prévint qu’une cérémonie était en cours et qu’il lui faudrait attendre. Attendre n’était pas une option qu’il avait envisagé et quitte à se faire sermonner voir même jeter au cachot par la duchesse elle-même, le déroulement de la cérémonie il n’en avait cure. La distance de l’entrée du domaine jusqu’au château fut rapidement parcouru. Un autre garde, une domestique l’attendait, on le conduisit dans le couloir afin de le faire attendre. L’homme sourit, avenant et commença à faire les cents pas. Moment d’inattention de la part du garde, la domestique repartit, le messager se faufila dans la salle de réception.

Coup d’œil rapide et circulaire de la pièce, pas de doute, il avait repéré la blonde duchesse. En même temps, ce n’était pas difficile pour lui, elle était la seule assise sur un trône. Mouvements précipités, il ne laissa le temps à personne de l’arrêter. Un homme fut bousculé, une femme légèrement poussée sur le côté et déjà le messager mettait genou à terre devant la duchesse.


Vostre Grasce, pardonnez mon intrusion dans votre domaine et au cours de votre cérémonie mais j’ai une nouvelle urgente à vous faire savoir… On m’envoie de Normandie où la Baronne de Courcy m’a remis ce pli pour vous… Je gage sur mon honneur que tout ceci est vrai et que jamais je ne vous aurais dérangé si la baronne elle-même ne m’en avait pas donné l’ordre au péril de ma vie…


Citation :
De nous, Adeline de Courcy, Baronne de la Haye du Puits
A vous, Maltea Wagner di Favara, Duchesse de Brienne et de Rethel, Baronne de Beaufort et Dame de Menneville

Votre Grasce,

Vous trouverez peut être incongru qu’une parfaite inconnu vous écrive de la sorte mais je viens au nom d’une personne qui nous est, je pense, chère, autant l’une pour l’autre, Ana.Lise di Favara d’Izard…

Les mots vont être difficiles à coucher sur ce parchemin, mais j’ai fait une promesse à votre cousine et je me dois de la respecter.
Votre Grace, je ne sais comment vous le dire, peut être étiez vous déjà au fait de ce qui se passait dans le couple de votre Cousine. Ana m’en avait touché quelque mot, discret, sans jamais vraiment s’étendre, mais je voyais en elle une profonde tristesse, un profond désarrois et malgré tout ses effort pour reprendre gout à la vie au coté de son fils, je la voyais s’éteindre à petit feu…. Cette guerre a fait des ravages, mais cela n’est sans doute rien comparé à ce qu’il se passait dans le cœur de la Duchesse de Sedan.

J’aurais souhaité vous écrire pour vous annoncer de bonne nouvelle, votre Grasce, mais hélas….Hélas vous avez surement compris les raisons de cette missive. Je ne pourrais vous en dire plus, les mots me manque, touché par la tristesse et la douleur de devoir vous faire parvenir cela.

Je vous transmets donc la missive qu’Ana.Lise, dans une dernière faveur, m’a demandé de vous remettre. Je gage que mon jeune messager saura vous trouver et vous remettre ce pli en main propre.

Recevez votre Grasce, mes respects les plus sincères, au nom et à la mémoire de votre cousine…

Respectueusement



Spoiler:
 

L’homme s’inclina tout en tendant la fameuse lettre à la duchesse. Enfin il allait être délivré de cet ordre et penser peut être à se nourrir et prendre quelques heures de repos. Il ne savait même plus depuis quand il n’avait pas dormi dans un vrai lit ni même mangé un vrai repas chaud mais enfin, son travail était terminé.
Revenir en haut Aller en bas
Ysa

avatar

Nombre de messages : 145
Date d'inscription : 15/07/2008

MessageSujet: Re: Et une de plus, une !   Dim 29 Jan - 19:10

La cérémonie avait été calme et sereine, ce qui changeait fortement des dernières cérémonies ayant eu lieu à Airain et c'est le coeur gros qu'Ysa l'avait suivi, tenant Adrian par la main. Le petit n'était pas habitué à voir autant de monde dans un lieu qui lui était inconnu. Puis il connaissait les us et coutumes des airainois ... surnommés la basse cour par certains ce qui faisait sourire les maitres de maison, fiers de leurs membres, toujours présents malgré leurs petits défauts.

Les enfants n'étaient donc pas vraiment habitués aux conventions, courbettes ou révérences. Il était donc grand temps de sortir les deux petits de leur jolie cage dorée, pour les confronter au monde réel, parfois tendre mais souvent dur ... D'ailleurs Anthonin devait partir à Paris d'ici peu, rejoindre une languedocienne à la langue bien pendue, qui ferait du petit blondinet son escuyer ...

Ils grandissaient tous les deux bien trop vite aux yeux de leur mère ... et que dire d'Alienor. De fillette, elle était devenue jeune femme, ce qui avait été un choc pour Ysa qui n'avait pourtant pas eu de mal à reconnaitre sa filleule dans le visage au trait fin d'Alie, lorsqu'elle était enfin venue lui rendre visite à Jouarre. Mais la voir ainsi ce jour, rappelait à la Duchesse de Jouarre que les années étaient passées bien trop vite. Elle se revoyait encore avec sa cousine en taverne à parler de la dernière gaffe de BB. Ah qu'elle avait eu de la patience sa chère cousine, Ysa très sanguine lui aurait volé dans les plumes à bien des reprises s'il s'était s'agit de son époux. Mais Mag et BB s'aimaient, ils avaient bravé bien des tempêtes, affronté bien des démons, le pire étant celui de la politique ... et de cet amour été né un petit ange blond.

Ce petit ange recevait aujourd'hui une seigneurie, d'une blonde compiégnoise ... tout comme sa mère quelques années plus tôt, d'une brune compiégnoise. Etait ce le destin qui avait ainsi mis Maltea sur le chemin d'Alienor ? Car même si les deux Duchesses avaient eu bien des querelles, des différents ayant fait trembler bien des mûrs. Ysa savait que la maitresse des lieux était une femme honnête, avec bien des défauts, mais elle était franche et droite. Alienor pourrait compter sur sa suzeraine, quoiqu'il se passe. Le tout était de ne pas trahir sa confiance, car la blonde pouvait donner l'impression de n'avoir aucun sentiment mais cela n'était que façade ...

En retrait, la brunette continua d'observer la scène, émue, serrant un peu plus fort la main de son fils.
Revenir en haut Aller en bas
Maltea di Favara
Chieuse de Brienne
Chieuse de Brienne
avatar

Nombre de messages : 1643
Localisation : Duché de Brienne, Rethel & de Joigny, Baronnie de Beaufort ou Seigneurie de Menneville
Date d'inscription : 08/01/2009

MessageSujet: Re: Et une de plus, une !   Lun 6 Fév - 17:12

Ça c'était fait... Aliénor avait l'air submergée par l'émotion, Renlie n'avait pas fait de boulette.... elle n'en parlons même pas, elle avait du faire un effort surhumain pour garder la tête haute alors qu'elle n'avait qu'une envie, aller se coller dans son lit, la tête sous le traversin...
Mais ce ne serait pas pour tout de suite non.... qui dit cérémonie d'anoblissement, dit fête et donc mets en tous genres afin de ravir les papilles et remplir les estomacs de la populace....
Petit sourire à Aliénor en qui elle avait une confiance aveugle, ainsi qu'à Renlie avant de lui glisser quelques mots à l'oreille du style: elle ne pourra de toute façon jamais faire autant d'ânerie que j'ai pu faire en ma courte existence.... reportant ensuite son attention sur les invités, la duchesse, d'une voix assurée, leur annonça que la fête pouvait commencer avant de prendre place sur son trône. Ressasser encore et toujours les évènements qui venaient de se dérouler, elle ne pouvait s'en empêcher.... Alors qu'elle venait à peine d'y poser son séant qu'un messager fit son entrée. La duchesse lorgna du coté des armoiries ainsi portées mais peine perdue.... il n'était pas messager champenois, cela était un fait certain. Elle se demandait qui, il venait quérir en ce lieu et ne tarda pas être fixée.... le messager fondait sur elle, mettant genoux à terre, parlant d'une baronne inconnue, de nouvelle véridiques, d'honneur, de péril.... trop, s'en était trop pour la blonde qui saisit le pli, tout en appelant du regard un de ses valets.


Fait donner à cet homme de quoi se restaurer et se reposer quelque peu, le voyage n'a point du être de tout repos vu les troubles actuels sévissant en ce royaume.

Son regard se posa ensuite sur l'homme, le pli toujours en sa main, retardant ainsi la lecture.... Elle était certaine que ça ne devait point être une nouvelle réjouissante... ceci dit, il ne connaissait quasi personne en Normandie....

Sieur, veuillez accepter l'hospitalité de la Maison Wagner, le temps qu'il vous siéra, avant de reprendre route.

Voilà, la messe était dite, il était temps d'affronter ses craintes.... décachetant le parchemin, une écriture fine et féminine était tracée sur celui-ci.... déjà pâle, son teint devint cireux.... Ana... la missive concernait Ana.... Mais pourquoi diable parlait-elle de mémoire? Ana était venue il y a peu à son chevet et avait d'après les nouvelles décidé de passer du temps à Dienville.... le parchemin en contenait un autre et l'écriture de sa cousine lui sauta aux yeux... Son coeur cessa de battre.... un condamné à mort.... "non pas lui!" Avait elle envie de crier... aucun son ne sortit de sa bouche, dont les lèvres étaient scellées par la douleur provoquée par un des êtres qui comptait le plus pour elle....
Le doute ne fut plus permis lorsque le nom de Brylastar s'étala noir sur blanc sur le parchemin.... Maltea venait de comprendre qu'elle était la seule et unique responsable du trépas de sa cousine.... en démasquant son ancien amant ou devrait on dire passe-temps, et ce sans sourciller, sans état d'âme pour ce traitre, elle avait condamné sa douce Ana.... comment aurait elle pu se douter de leur liaison?
Dienville, elle devait se rendre sur le champ sur ses terres seigneuriales, même si elle se doutait que le mal était fait, vu le temps qui s'était écoulé depuis la rédaction de cette missive.... pas un mot sur cela, elle devrait se faire accompagner de personne de confiance... personne ne devrait savoir pour le suicide et le trépas de son neveu par la main même de sa mère, et ainsi salir la mémoire de sa cousine.... quiconque trahirait ce secret, mourrait de sa main... Ivre de douleur, elle tentait encore de sauver la face lorsqu'elle se redressa de son trône.... sans un mot, elle plaça les missives dans la main d'Aliénor pour que celle-ci en prenne connaissance sans qu'elle n'ait besoin de dire un mot. S'excusant auprès de Renlie, elle déserta la salle essayant de contenir sa démarche. Une fois hors de vue, elle devint chancelante et se fit aider d'un des gardes afin de rejoindre ses appartements. Une fois dans ceux-ci, chagrin et colère éclatèrent de concert. La présence de Cedmisc n'avait pas été perçue par la blonde duchesse qui frustrée, venait d'éclater le miroir qui lui renvoyait le visage d'une meurtrière....celle de son propre sang...



**********************
Revenir en haut Aller en bas
Brylastar

avatar

Nombre de messages : 21
Date d'inscription : 23/06/2011

MessageSujet: Re: Et une de plus, une !   Mar 7 Fév - 15:26

[Loin, très loin de tout ça; et pourtant si proche?]



Du fond de sa cellule, Bry n'était plus grand chose. Le corps, meurtri, lui faisait souffrir mille tourments. Ce qu'il avait pu subir, il ne s'en souvenait déjà plus. L'amertume au fond de la gorge, les brûlures enflammées sous les cuisses, ou l'impression qu'une pierre de 200 livres lui broyait les mains, tout cela restait; mais Bry avait déjà oublié ce qu'il venait de se passer. Ce qu'il avait pu dire, répondre, et affirmer. Ce qu'on lui avait fait, bien sûr. Non en fait, il n'y avait plus grand chose à laquelle le félon pouvait penser - hormis ce courrier, tant espéré d'abord, et finalement si dévastateur. Car la réalité était si terrible. S'il y avait bien une personne qui devait incarner la perfection, ici-bas, c'était bien Elle, Ana, Celle qui avait tant subi de la main de Son criminel de mari. Celle contre qui le destin, obstinément, irréfragable, imparable et impérieux s'acharnait chaque jour, chaque heure, chaque minute. Celle qui avait tout fait pour élever Son fils de façon bonne. Mais Celle qui.... qui finalement, n'aurait jamais dû le rencontrer. Qu'avait-il fait, à tomber fou d'Elle? Qu'avait-il fait, en osant, un jour d'automne, Lui révéler tout ce qu'il pouvait ressentir à Son contact? Il aurait dû se mordre la langue, ce jour! C'était lui, le seul et unique responsable, de.... de....

Mais non. Des larmes roulaient en silence sur son visage; impuissant face à l'Histoire. Non, ce ne pouvait pas être lui.... c'était plutôt Sedan, lui qui, dans un ultime sursaut de rage, d'immondice et de haine qui le caractérisaient, c'était plutôt lui qui avait condamné La Perfection au trépas! C'était lui qui avait tout manigancé, souhaitant La tuer une fois d'abord, sur le champ de bataille, fourbe qu'il était; et c'était maintenant lui qui avait réussi à parachever son oeuvre: cet homme était le malin.... et Bry ferait tout pour l'emporter avec lui, dans la tombe. Oh que oui, ce félon mourrait, il périrait, la fin de sa à lui était proche mais tout ce qui compterait d'ici-là serait de faire assassiner Ghost.... le suppôt du Sans Nom qui n'avait pour unique but que de répandre le Mal et la désolation.

Et Ana, mon Ana.... où es-Tu? Les souffrances physiques de Bry ne tenaient pas la comparaison avec celles du mental; tout ce qu'il endurait de privation d'alcool, d'humiliations physiques, de douleurs corporelles, tout cela n'était rien. La seule chose qu'il voyait, c'était Cette Femme, au loin, toujours plus loin, brune au visage d'ange, douce et si impériale, jeune et si marquée par les années.... la seule chose qu'il voyait, au loin, c'était Celle qui conférait son sens à sa vie. Celle qui lui donnait raison d'espérer en des lendemains chantants. Alors, quand tout passait par Elle, comment assumer ce qui était son départ? Cette question, finalement, ne troublait pas tant que cela le félon. Car sa fin à lui serait sans aucun doute très proche - maintenant qu'il venait d'avouer, on lui avait dit qu'il se rendrait sous peu chez Beeky. Et qu'alors, cette parodie de procès pourrait avoir lieu et conduirait à ce qui était prévu.

Bry ne pouvait qu'imaginer ce qui avait pu se dérouler. Elle avait, stoïque, forte et fière, réfléchi, longuement. Sans pouvoir sentir les choses différemment. Se disant que sans lui, peut-être, ainsi espérait le voir le félon, sans lui donc Sa vie n'aurait aucun sens. Alors, Elle avait arrêté de penser. A un moment, sans nul doute, Elle dont l'intelligence n'admettait aucune limite, Elle s'était procuré ce nectar qui La délivrerait, le même nectar que Bry espérait chaque jour un peu plus intensément. Mais alors s'était posée la question de Son fils, chaste, pur et innocent qu'il fallait sans aucun doute préserver de la folie du Sans Nom! Comment une mère pouvait prendre telle décision sans y être contrainte par tous les tourments de l'Esprit? Ana avait été sage, Elle avait été généreuse, et en même temps si courageuse.... qui aurait pu faire, cela? ..... Et alors, Elle, Ana..... Sublime et Mirifique Ana, Tu as dû prendre la plume, n'est-ce pas? Et Tu es alors allée, au secrétaire, Tu m'as écrit, moi qui, honteux, n'avait pu répondre à Ta dernière missive..... et alors..... Tu as fait boire, et Tu as bu. Ana..... que le Très Haut t'accueille. Qu'Il soit miséricordieux, Toi qui mériterait Ta place à ses côtés plus que quiconque sur ce Monde.

La main de Bry retomba lourdement sur ses jambes: la vision s'était évanouie. Hébété, les yeux mi-clos, des paroles incompréhensibles s'échappant de sa bouche, il resta ainsi pendant plusieurs dizaines de minutes. Ou d'heures. Le froid ne le faisait même plus frisonner. Il attendait, tout simplement, que l'Heure fût venue. Que se passerait-il, désormais? Rien d'autre que l'attente, vaine et absurde. Mais au fond, tout au fond de lui, au-delà la rage d'avoir été volé de Sa Perfection, au-delà de toutes les invectives qu'il se reprochait à chaque seconde, d'avoir été si égoïste et lâche, au-delà de toute cela se trouvaient, mêlés, deux sentiments: celui d'avoir été dans l'erreur; et celui, pire, d'avoir détruit la seule raison qui lui donnât envie de vivre. Il était heureux qu'il ne s'en rendît pas compte. Mais à peine la vision eut-elle disparu, que Bry put enfin admettre qu'elle était morte, et que pour lui, c'était là le pire de tout ce qui pouvait lui arriver. Il n'avait plus rien.
Revenir en haut Aller en bas
Alienor
Rose Bleue de Brienne
Rose Bleue de Brienne
avatar

Nombre de messages : 483
Date d'inscription : 03/05/2011

MessageSujet: Re: Et une de plus, une !   Mar 7 Fév - 16:51

[Salle de réception, le calme avant la tempête]


C'était terminé... ou alors, ça commençait, tout dépendait du point du vue duquel on se plaçait. Main qui se tend pour saisir la patente qui témoignait de son retour au sein de la noblesse champenoise, pervenches qui s'attardent sur le dessin du blason, mi émues mi moqueuses d'y voir ainsi rappelées les armes de Brienne. Et ses couleurs, azur et or, au moins n'aurait-elle pas besoin de refaire sa garde robe pour y être assortie !

Sigillant, l'honneur fut pour moi que vous ayez accepté d'être le témoin du lien qui nous unit, ma suzeraine et moi-même. Je puis vous assurer que je porterai dorénavant fièrement et dignement mes armes Ajoutant à voix plus basse sur un ton légèrement malicieux Et je ne manquerai pas de venir vous embêter prochainement afin de bénéficier de votre art pour faire graver la matrice de mes scels.

Un regard redevable au héraut, puis reconnaissant à la duchesse. Pour le rang qu'elle lui avait redonné, pour la confiance dont elle faisait preuve envers elle, et l'indulgence aussi, lui avoir laissé le libre choix de ses invités, quand bien même certaine présence pouvait lui peser.
Nul besoin d'ajouter de mots pour que celle-ci sache qu'elle pourrait continuer à compter sur elle en tout lieu et en tout temps, comme elle l'avait déjà fait auparavant.

Aliénor se tourna alors vers l'assemblée, parcourant du regard les personnes présentes, un sourire s'affichant sur ses lèvres pour leur montrer à quel point elle était touchée de leur présence, alors que Maltea annonçait l'ouverture des agapes.
Et les sourcils qui se froncèrent à l'arrivée d'un messager, les pervenches curieuses suivant son avancée rapide jusqu'à la maîtresse des lieux. La blondinette, si elle recula de quelques pas pour le laisser passer, ne s'éloigna pas pour autant, la mine de l'homme, son allure pressée, tout indiquait que sa mission était importante. Ce que confirmèrent ses paroles, et de curieux le regard se fit intrigué, passant du messager à la duchesse avant de s'attarder sur cette dernière en remarquant sa pâleur à mesure qu'elle prenait connaissance du contenu des messages.

Quelques pas pour se rapprocher, mais déjà Maltea s'était levée de son trône, et ses mains reçurent les vélins alors que les pervenches la regardaient quitter la salle. Interdite et inquiète. Inquiète surtout. La duchesse savait prendre sur elle et afficher un masque de façade même dans les pires circonstances, les nouvelles qu'elles venaient d'apprendre devaient la toucher au plus profond d'elle-même pour qu'elle disparaisse ainsi.

Et les yeux de se porter vers les missives déposées entres ses mains, et de parcourir les mots qui y étaient couchés. Visage qui se ferma à mesure que ces mots arrivaient à son esprit, les lisant et les relisant pour s'assurer de leur réalité.
Ana... Les pensées s'égarèrent un instant vers ce mois d'Avril où elle avait fait sa connaissance, à Troyes et les nombreuses discussions entre les deux jeunes femmes. Douce, discrète, effacée en apparence, et pourtant Aliénor avait pu voir plusieurs fois le feu qui brûlait sous la glace.
Elles s'étaient croisées rapidement à Chaumont, en juin, lors de joutes qui y étaient organisées, et puis au chevet de Maltea, ce 25 novembre où cette dernière avait été grièvement blessée. La blonde adolescente savait les liens familiaux et l'affection entre les deux jeunes femmes, et la présence d'Ana auprès de sa cousine en ces circonstances en avait été une preuve suffisante s'il en avait été besoin.

Et maintenant... Pouvait-on vouloir mourir par amour ? Oui, bien sûr que oui, la blondinette en avait eu l'exemple de sa propre mère. Sa mère, qui avait accepté de suivre son suzerain dans cette mission suicide dont elle savait l'issue, parce que malgré ses enfants elle n'avait plus la force de vivre l'absence de son époux, parce que les rares fois où ils se voyaient, elle ne supportait plus le remord et la culpabilité qu'elle lisait dans son regard depuis la perte de leur enfant, devant les murailles d'Orléans. Une des raisons de la peur qu'Aliénor avait de s'engager, cette peur de mettre un nom sur les sentiments qu'elle ressentait pour Aimelin et qui lui faisait retenir les mots qu'elle avait envie de lui dire. Comme si les prononcer, les entendre exprimés par sa bouche, pouvait ouvrir la voie à ces promesses de toujours dont on ne savait si on pourrait les tenir.

Les pervenches se relevèrent, se dirigeant vers la porte par laquelle sa suzeraine venait de disparaître, tandis qu'Aliénor comprenait subitement la portée de ce qu'elle venait de lire, Ana, qui s'était donné la mort, qui avait pris la vie de son fils, en raison de l'amour qu'elle portait à l'homme que sa cousine avait démasqué et par là même promis à une mort certaine.
Comprenant subitement que Maltea, en plus d'apprendre cette fin tragique, devait s'en sentir responsable.

La blonde adolescente jeta un regard éperdu autour d'elle, avant de se reprendre. Si la duchesse n'avait pas mis fin aux festivités, préférant s'éclipser plutôt que d'annoncer la nouvelle, c'était que nul ne devait savoir. Mais nulle hésitation à avoir non plus, il fallait organiser au plus vite et en toute discrétion le voyage pour Dienville, et Aliénor savait déjà sur qui compter, en qui Maltea avait le plus confiance.
Elle réussit non sans effort à faire réapparaître un sourire sur ses lèvres, et d'une voix qui ne trahissait pas son inquiétude, annonça


La duchesse vous prie de bien vouloir l'excuser, un léger contretemps. Mais le buffet vous est ouvert, n'hésitez pas à profiter des douceurs mises à disposition !

Et de se rapprocher d'Aimelin pour lui murmurer... une mauvaise nouvelle, elle va avoir besoin de nous... tout en lui prenant la main pour l’entraîner hors de la salle, lui glissant les missives dans l'autre pour qu'il en prenne connaissance.
Revenir en haut Aller en bas
Cedmisc
Fantomisc/Fantomaz
Fantomisc/Fantomaz
avatar

Nombre de messages : 281
Date d'inscription : 30/08/2011

MessageSujet: Re: Et une de plus, une !   Mer 8 Fév - 16:31


Mission accomplie. Il avait réussi à se faufiler à travers les couloirs pour atteindre les appartements de la maîtresse des lieux. Enfin il pensait qu'il s'agissait des siens, n'ayant jamais eu l'occasion d'y pénétrer. Mais la décoration du lieu qu'il avait découvert lui confirmait qu'il ne s'était pas trompé. Refermant doucement la porte derrière lui il prit quelques instants pour observer l'endroit. Un grand lit à courtine trônait dans la salle, faisant face à une cheminée. Des armoires, des malles et un bureau composaient le reste du mobilier.

Il avait déjà réfléchi à la meilleure cachette possible. Simple mais efficace à condition de pouvoir s'y cacher. Heureusement Cedmisc réussit à se glisser sous le lit, ce dernier étant assez surélevé pour qu'il puisse passer dessous. Qui plus est la couverture tombait jusqu'au sol, ce qui le cachait d'autant plus aux yeux d'une éventuelle personne située dans la chambre.

Il resta de longues minutes à attendre ainsi, étendu sur le dos. La position était assez inconfortable et il dût par moment bouger un peu pour s’installer plus confortablement, si tant est qu'il puisse l'être.

Soudain des bruits se firent entendre. Il prit de lentes et longues inspirations pour tenter de calmer le rythme cardiaque qui s'était emballé. Quelqu'un était entré. L'avantage d'être caché par la couverture était aussi l'inconvénient de ne pouvoir voir de qui il s'agissait. Il attendit donc immobile de percevoir une voix ou n'importe quel autre indice lui révélant l'identité du nouvel entrant. Le fracas du miroir brisé ainsi que le cri de Maltéa brisèrent le silence et firent sursauter Septmonts. Il resta un moment interdit devant la soudaineté de l'action. A peine remis, le léger affaissement du matelas lui indiqua que la duchesse venait de s'asseoir ou de s'allonger sur le lit.

Finalement l'esprit du jeune homme se remit à fonctionner rapidement. Il hésitait à sortir, pensant que le raffuts fait par Maltéa aurait pu attirer d'autres personnes. Il se demandait surtout comment faire son apparition dans un pareil moment et s'il fallait vraiment qu'il apparaisse à ce moment. D'autant qu'il ignorait totalement la raison de ce chagrin.

Mais s'il voulait la consoler, comme il en avait envie, il devait sortir malgré le risque d'irriter encore plus la duchesse et de finir aux cachots. Il souleva doucement la couverture sur sa gauche pour voir qu'il n'y avait aucun obstacle. Prenant son courage à deux mains, agissant lentement et avec d'infinis précautions, il glissa sur le côté pour sortir de sous le lit. Levant légèrement la tête il vit Brienne de dos, assise sur le lit. Il se remit debout et resta quelques instants immobiles avant de s'approcher doucement d'elle. Surtout pas de gestes brusques. Il déposa doucement une main sur son épaule.
Revenir en haut Aller en bas
Aimelin
Prévôt
Prévôt
avatar

Nombre de messages : 275
Age : 97
Date d'inscription : 01/12/2008

MessageSujet: Re: Et une de plus, une !   Mer 15 Fév - 16:35

Le messager qui entra précipitamment dans la salle lui fit reporter son attention sur la scène qui se jouait à quelques pas de eux. Son regard allait de cette missive que Maltea lisait, à son amie, puis passait sur Alie avant de revenir sur la Duchesse.
Un air préoccupé lorsqu’elle se leva sans un mot et remit la missive à Aliénor. Quelque chose n’allait pas, quelque chose dont elle ne voulait parler. Il fit un pas en avant lorsque son amie passa non loin pour sortir de la salle mais retint son geste, et tourna son visage vers Aliénor annonçant un contretemps avant de venir le rejoindre.


une mauvaise nouvelle, elle va avoir besoin de nous...
quelle nouv
... la missive qu’elle lui mit dans les mains l’interrompit et il se laissa entrainer, laissant ses mirettes grises parcourir le document.

Du mal à y croire, ça ne pouvait pas être ça.. elle n’avait pas pû. Il accéléra le pas, entrainant cette fois ci la blondinette vers les appartements de Malt. Cela faisait quelques années, depuis le mariage de sa blonde amie, qu’il fréquentait Brienne et le château lui avait confié quelques secrets.

C’est d’un air soucieux et après un regard vers Alie qu’ils arrivèrent devant la porte de la chambre de Malt à laquelle il frappa avant de s’effacer pour laisser Alie entrer la première. Il n’aimait pas spécialement entrer dans la chambre d'une femme sans y être invité, et la discrétion lui dictait de laisser d’abord entrer la nouvelle vassale de la propriétaire des lieux, à laquelle il emboita le pas.


**********************
Revenir en haut Aller en bas
Maltea di Favara
Chieuse de Brienne
Chieuse de Brienne
avatar

Nombre de messages : 1643
Localisation : Duché de Brienne, Rethel & de Joigny, Baronnie de Beaufort ou Seigneurie de Menneville
Date d'inscription : 08/01/2009

MessageSujet: Re: Et une de plus, une !   Jeu 16 Fév - 13:01

A bout de force, la jeune femme s'était laissée tomber sur le lit. Des larmes qu'elle ne pouvait contrôler coulaient sur son visage tourmenté. Toutes ses actions avaient des répercussions auxquelles elle ne pouvait penser. Quand il s'agissait de sa vie, cela pouvait encore être toléré mais celles des autres? Celle de ses proches qui ne demandaient rien à personne? Maudite, oui elle l'était, cela ne faisait plus aucun doute. Voilà qu'elle était maintenant seule au monde. Certes il lui restait de la famille, mais personne ne remplacerait Ana. Celle-ci était son seul lien avec la famille de son père, celle qu'elle avait renié en partant sans se retourner parce qu'incapable de pardonner. Mais comment l'aurait elle pu alors qu'elle ne pouvait se pardonner elle même de ses erreurs passées?

Alors qu'elle ressassait tout ça dans sa tête, pleurant comme une enfant, une main se posa doucement sur son épaule. Un frisson la parcourut, elle avait honte, honte qu'on la voit en cet état. Son regard se posa sur la main et reconnaissant la chevalière, sa réaction fut de ravaler ses larmes, les frottant rapidement afin de reprendre contenance. Interdiction de montrer ses faiblesses. Elle avait appris de toute petite à tout cacher. Une femme déjà considérée comme fragile, n'avait pas le droit d'exposer ainsi ses états d'âme si elle voulait avoir sa place dans ce monde. Mais que faisait il dans ses appartements? Et pourquoi lui? Elle lui en avait assez fait voir et pourtant il était toujours là quand elle s'y attendait le moins... sans se retourner, elle s'adressa à lui, espérant ainsi que le temps pourrait cacher trace de son tourment, et surtout qu'il n'avait pas assisté à la scène du miroir...Elle voulait en avoir le coeur net....


Comment es-tu entré ici? Et quand surtout? je.. je dois me préparer, pourrais-tu me....

Pas le temps de terminer sa phrase que la porte s'ouvrait sur Aliénor et Aimelin....

**********************
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Et une de plus, une !   

Revenir en haut Aller en bas
 
Et une de plus, une !
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 3Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Duché de Brienne et Duché de Rethel :: Salle de réception-
Sauter vers: