Duché de Brienne et Duché de Rethel

Lieu de vie des familles di Favara & Fontanaz ainsi que de leurs vassaux
 
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 Retrouvailles [rp en gargote champenoise ]

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Maltea di Favara
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MessageSujet: Retrouvailles [rp en gargote champenoise ]   Dim 3 Déc - 11:31

Cedmisc a écrit:
Les premiers rayons de soleils commencent à luire sur la campagne champenoise. Éclairant le sommet des cimes des arbres composant la forêt, ils viennent épouser le toit du bâtiment qui dépasse de cette immensité verte. On peut entendre un coq chanter et apercevoir au pied de l'édifice un beau jardin bien propre ainsi que plusieurs moines qui s'affairent. Si l'on pénètre dans le monastère, puisqu'il s'agit bien de cela on peut apprécier le silence des lieux. Jusqu'à ce qu'un événement vienne contrarier la solennité des lieux.

Le moine apparaît dans un état de vive excitation, son visage reflétant cet état. Il dévale les couloirs à vive allure, sa robe remontée pour mieux se mouvoir. Croisant quelques congénères lui intimant faire moins de bruit il se confond en excuse" avant de reprendre sa route toujours aussi bruyante. Cette dernière aboutit dans une cellule sobre dans laquelle était installé un vieillard, l'abbé Cédaire. Relevant la tête, fronçant le sourcil, l'air outré devant tant de vacarme il s'adressa au jeune moine.


"Qu'est ce donc que ces manières frère Philibert?"

"Il s'est réveillé mon Père! Il s'est réveillé!"

"Le noble?"

"Oui! Il est encore très faible mais dit être duc de Joigny! Il a demandé à ce qu'on prévienne rapidement sa femme et ses gens. C'est une grande nouvelle pour nous!"

L'ancien passe une main dans sa barbe, la lissant plusieurs fois, un air pensif avant de hocher la tête.

"Probablement, il reste à espérer qu'ils ne soient pas radins... Je vais me charger de la lettre. Enguerrand doit bien se rendre en ville demain? Il poursuivra jusqu'au fief pour la remettre en main propre à un responsable. Va le prévenir."

Toujours aussi excité, frère Philibert hocha la tête vigoureusement avant de tourner les talons rapidement.

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Maltea di Favara
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MessageSujet: Re: Retrouvailles [rp en gargote champenoise ]   Dim 3 Déc - 11:33

Maltea a écrit:
Encore un jour sans pour la blonde Garce se morfondant en la capitale. Elle en était à effeuiller la marguerite, non avec des « Il m’aime, un peu, beaucoup, à la folie, pas du tout» mais plutôt dans le style « je reste, je pars, je vais au couvent, je m’enterre, je reprends un amant pour tuer le temps» … elle finit par opter par remplacer la donnée amant par du vin enivrant… il faut dire que lorsqu’on voyait les abrutis qu’elle attirait, il était grand temps d’opter pour un substitut aux détritus.

Alors qu’elle se languissait, une missive lui fut apportée. Le scel clérical lui sauta aux yeux et la duchesse la décacheta soigneusement. Un froncement de sourcils à la lecture… avait-elle oublié une missive dans le tas ornant son bureau ? Surement… Était-elle toujours décidée pour la dissolution ? Plus que jamais. Alors qu’elle s’asseyait face à son secrétaire –le meuble pas l’homme bande d’esprit tordus- un valet lui apportera une autre missive. La lecture provoqua en elle un camaïeu de sentiments plus violents les uns que les autres. La blonde Favara bouillonnait, et c’était peu dire. Plus elle avançait dans sa lecture, plus elle avait des envies de meurtre.


Citation :
Citation :
A sa Grace Maltea Di Favara, Duchesse de Joigny
De Aymeric Grandjean, chancelier des terres de Joigny

Mes salutations,

Nous venons de recevoir missive de la part de clercs concernant votre époux. Nous vous la faisons parvenir,

Respectueusement.



Citation :
"Au gens de Joigny,
De l'Abbé Cédaire, de l'abbaye de Clairerive

Salutations mes fils;
Voici quelques mois nous avons découvert le corps d'un homme qui avait été très grièvement blessé à la tête suite à une attaque. Cet homme est resté plongé dans un sommeil profond jusqu'à ce jour où il s'est réveillé. Il prétend s'appeler Cedmisc Fontanaz et être duc de Joigny. Il a demandé expressément que nous prévenions ses gens et sa dame, sa santé ne lui permettant pas encore de marcher, d'où cette missive.

Nostre abbaye bénédictine est située près du village de Vincelles au sud de la ville d'Auxerre si vous souhaitez venir le retrouver.

Que le Très-Haut vous garde!"

Sa réaction fut de faire une boule de la lettre et de la balancer au travers de la pièce. Il ne pouvait pas marcher ? Tant mieux, elle n’aurait pas à lui casser les deux genoux. Si seulement il avait pu perdre la mémoire aussi, ça lui aurait bien plu tiens ! Et quoi, il ne pouvait pas embrasser l’ordre bénédictin ? Il n’aimait pas les œufs ?
Décidément, même quand il faisait mort, il arrivait à lui pourrir la vie… Pourquoi, mais pourquoi maintenant, alors qu’elle était décidée ?
Une lueur d’espoir l’étreint néanmoins… peut-être n’était pas son époux ? Peut-être un manant ayant décidé de se faire passer pour lui afin... afin de quoi d’ailleurs ? Et puis qui connaissait le duc de Joigny ? Personne… il faut dire qu’il comptait plus d’absence à son compteur que de présence et de charisme.

Hurler, Maltea avait envie de hurler. Toute sa vie lui glissait entre les doigts. Et maintenant ça… non franchement, elle n’avait pas besoin de ça.

La jeune femme s’écarta de son secrétaire avec force, son siège finissant au sol, et c’est comme une enfant qu’elle alla se jeter sur sa couche, des larmes de rage perlant et rendant ses émeraudes luisantes d’une haine à peine contenue. Une haine non envers l’époux prodigue revenant au bercail non, mais envers elle-même. Elle était de nouveau prise au piège…
Et de se relever tel un diable à ressort sortant de sa boite et de gueuler au travers de toute la maisonnée…


Qu’on selle Artois, je suis de sortie, je ne souffrirai aucun retard, bougez-vous !

Vincelles disait la missive… Il fallait qu’elle en ait le cœur net avant de donner réponse à l’inquisitrice. Jamais elle n’avait agis dans le dos de quiconque et elle ne pouvait se résoudre aujourd’hui de le faire. Elle devait vérifier si c’était bien son époux et si ça l’était, de l’avertir de ses desseins… après tout, elle le lui devait bien… d’un autre côté, c’était peut-être grâce aux cornes qu’elle lui avait fait ses derniers temps qu’il avait survécu… c’est que ça devait protéger ces longues choses-là toutes dures.

Vincelles me voilà !

Et la duchesse se lança dans ce voyage qui devait mettre au clair, si pas la totalité de sa vie, au moins une bonne partie.

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MessageSujet: Re: Retrouvailles [rp en gargote champenoise ]   Dim 3 Déc - 11:33

Cedmisc a écrit:
Il fixait lentement le plafond, immobile, pendant de longues minutes. Seule ses cristallins se mouvaient, suivant le déplacement saccadé d'une mouche. Ses pensées voyageaient dans divers lieux, Savoy, Joigny, Brienne... accompagnées à chaque fois de questions sur les personnes qu'il avait connues. Combien encore en vie? Quels changements étaient donc intervenus durant son absence? Les souvenirs affluaient sans cesse ainsi que des noms.

Ses souvenirs concernant l'attaque dont il avait été victime étaient en revanche beaucoup plus confus. Il se souvenait rentrer en Champagne et n'être qu'à deux jours de Joigny. Ils avaient fait halte, mis pied à terre et le Duc s'était éloigné quelque peu du campement provisoire en compagnie d'un soldat. L'attaque avait été soudaine et brutale, il n'avait guère eu le temps de sortir son épée avant de tomber inconscient sous le coup porté à sa tête. Les moines lui avaient signifié la mort de son escorte. Sa survie tenait du miracle, les assaillants avaient été soit dérangés soit ne s'étaient pas attardé sur son corps, pensant les coups administrés mortels.

Le grincement de la porte qu'on ouvrait le tira de ses pensées. Il se redressa lentement sur le lit tandis que l'abbé pénétrait dans la sobre cellule. Des salutations silencieuses s'échangèrent avant que le religieux ne prenne la parole.


"Comment vous sentez aujourd'hui votre Grasce? On m'a dit que vous arriviez désormais à marcher?"

Un hochement de tête fut la réponse du noble tandis qu'il se relevait et fit quelques pas vers la table posée. Tandis qu'il remplissait un gobelet d'eau, tournant le dos, il lâcha ces premiers mots, entraînant un bref échange.

"Pas de réponse?"

"Non"

Le contenu du gobelet fut rapidement ingurgité, le récipient reposé sur la table. D'un revers de main Cedmisc essuya ses lèvres. L'abée n'était pas à son aise malgré son expérience. Ses mains trituraient sa robe. Le regard se portait partout sauf sur le noble. Était il impressionné, ou ne savait il plutôt comment glisser habillement la question d'un quelconque dédommagement.

Le long moment de silence et d'immobilisme fut interrompu par un vacarme dans le couloir, ce qui eut pour conséquence un grand sursaut de la part du religieux peu habitué à ces grand bruits. En maugréant il ouvrit la porte et tomba nez à nez avec Philibert, la mine déconfite mais dans un état d'agitation extrême. Il gesticula un moment, montrant tour à tour l'entrée, les pommes qu'il avait renversé puis le duc. Une réponse agacée fusa:


"Et bien quoi, parlez! Que se passe t il frère Phillibert!"

"La harpie... heu je veux dire... la dame à l'entrée... une noble... je crois... mais très énervée... elle veut voir le duc!"

Ce dernier se retourna à l'évocation de la dame, qui d'après la description faite ne pouvait être que celle qu'il souhaitait voir depuis son réveil. Peut être pas en ce lieu ni en ces conditions mais il faudrait faire avec.

"Et bien faites la entrer! Et calmez vous un peu!"

Le clerc détala rapidement vers l'entrée pour autoriser Maltea à rentrer, si elle n'avait pas déjà forcé le passage.

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MessageSujet: Re: Retrouvailles [rp en gargote champenoise ]   Dim 3 Déc - 11:33

Maltea a écrit:
Le voyage avait été aussi rapide qu’il ne pouvait l’être. Quelques arrêts pour se rafraîchir un peu et laisser se reposer sa monture et la blonde duchesse était arrivée à destination. Elle n’avait guère eu de difficulté pour trouver la dite abbaye et c’est toujours dans état de colère qu’elle s’y était présentée. Trop de sentiments contradictoires en elle pour feindre mais elle devait faire un effort, prendre sur elle. Quand elle était dans cet état, rien de bon n’en sortait, elle le savait, mais chassez le naturel, il revient au galop comme on dit… et elle ne put s’empêcher d’houspiller un cancrelat afin qu’on l’introduise chez celui qui avait pris l’identité de son fantôme d’époux. Elle était à deux doigts de voir sa vie de nouveau chamboulée et cela ne lui plaisait guère.

Alors que l’on vint la trouver et l’escorter vers le lieu où se trouvait le dit époux, Maltea s’arrêta un instant. Une porte la séparait de lui et c’était le moment de se composer le visage de la politicienne endurcie. Rien ne devait filtrer, enfin elle l’espérait… mais un volcan en éruption était difficile à contenir. Une profonde inspiration accompagna sa décision, et elle resta quelques minutes ainsi, à éviter de penser aux faits qui la mettaient en rage. Le hic, rien ne la contrariant pas ne lui venait à l’esprit…

Courage ma fille se répéta t’elle en boucle avant de pousser la porte et de se retrouver dans la pièce où se tenait debout un homme. Tous ses espoirs s’envolèrent, c’était bien lui. Amincit, ne donnant pas l’air d’être en grande forme, mais elle ne pouvait plus le nier… Joigny se tenait bien là, devant elle. Son regard d’émeraudes glacées balaya la pièce et s’attarda un instant sur un homme plus âgé, dont la présence ne l’avait pas frappée en entrant. Surement le dirigeant de l’abbaye. Ses ongles s’enfoncèrent dans la paume de sa main comme pour lui rappeler de rester calme.

Elle salua froidement l’abbé d'un signe de tête, à peine appuyé, avant de se décider à sortir un son. Sa voix était tout aussi glacial que son regard, son corps se tenant déjà sur la défensive, prêt à attaquer au moindre mouvement de l’époux. Si un jour, on lui avait dit que Ced serait pour elle une menace, elle aurait ri au nez de la personne, mais aujourd’hui, elle n’était plus sure de rien. S’il y avait bien une chose qu’elle détestait faire c’était des choix et aujourd’hui, elle s’y trouvait confrontée plus que jamais.
La Favara en avait mis du temps avant de se décider à introduire une demande de dissolution, faire ce choix avait été plus que problématique ; cette impression de trahison qu’elle avait eu du mal à faire taire… pour finalement se décider et franchir le pas. Au fil des semaines, elle s’était fait à l’idée et voilà qu’il menaçait l’équilibre précaire qu’elle avait enfin pu mettre en place dans sa triste vie.


Joigny… c’était donc ici que vous vous cachiez depuis des mois…

Et de s’approcher de la fenêtre, afin de contrôler au mieux ses émotions. C’est donc un port de tête altier et un dos tendu à l’extrême que la duchesse offrit aux deux hommes, posant ses mains sur le rebord de la fenêtre, ne sachant trop quoi en faire et surtout afin d’éviter que l’une de celles-ci ne termine marquée sur la joue de l’époux. À cette simple image, ses doigts se crispèrent sur l’appui de fenêtre alors qu’un sifflet de rage contenue filtre d’entre ses lippes.

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Maltea di Favara
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MessageSujet: Re: Retrouvailles [rp en gargote champenoise ]   Dim 3 Déc - 11:34

Cedmisc a écrit:
Le temps d'attente lui parut une éternité. Il buvait tranquillement, toujours dans la même position, dos au religieux et à la porte d'entrée. Il redoutait cet instant mais il devait faire face. Il gardait néanmoins son sang froid malgré le bouillon intérieur. Il avait toujours réussit à paraître calme en toute situation, au grand damne de sa femme parfois, et cette habitude n'avait pas disparu malgré son sommeil profond.

Outre son absence forcée du à l'attaque, il s'était délibérément éloigné de la Champagne et de Maltea, sans prévenir. La mort de ses parents lui avait offert un prétexte tout trouvé. Il avait pu ainsi s'éloigner des éternelles querelles champenoises, des sautes d'humeurs et autres histoires de coucheries, avérées ou non, de la blonde furie. Il avait retrouvé l'entrain de sa jeunesse quand il parcourait le royaume pour se faire sa propre expérience. Il espérait en ce temps parcourir ensuite l'Europe jusqu'à Constantinople voir même au delà. La question qui en découlait: aurait-il du reprendre son chemin plutôt que de s'installer en Champagne. Certes les premières années en province l'avaient comblées mais les dernières s'étaient révélées bien moins plaisantes malgré son anoblissement et les avantages qui en découlent. D'autres questions l'avaient taraudé durant tout le trajet. Était-il encore amoureux? Était-ce réciproque ou comme elle l'affirmait n'avait-elle fait cela que par vengeance? Sa position a ce sujet s'était peu à peu infléchit. Si l'éloignement avait d'abord été un moyen indirecte de déclarer une rupture, plus le temps passait plus elle lui manquait et plus il se disait que cette parenthèse permettrait de reformer le couple. Il avait hâté le pas alors que l'été arrivait pour ne pas éterniser l'absence et avoir une discussion franche avec elle. Désormais plusieurs mois d'absence s'étaient ajoutés, indépendamment de sa volonté certes. Cela rendait sa position inconfortable et connaissant Brienne, il se pouvait qu'elle soit passé à autre chose, voir que le divorce soit déjà déclaré. Son visage se renfrognât à cette pensée. Même s'il ne pouvait obliger Maltea il mettrait tout en oeuvre pour la récupérer. Cela passait par un changement radical de comportement. Il fallait ne pas reproduire les innombrables erreurs faites auparavant. Il avait toujours voulu avoir un comportement simple et ne pas se couper du peuple même après son anoblissement. Mais il en avait résulté un excès inverse et des manquements à ses devoirs de noble qui lui avaient été préjudiciables.

La porte s'ouvrit et le duc pivota sur lui même pour observer l'entrante. C'était bien elle. Elle qui n'avait pas changé physiquement, toujours aussi rayonnante. Mais sa posture bien plus que ses premiers mots marquait la distance ce qui était logique puisqu’il l'avait abandonné ou du moins c'est ce qu'elle avait du ressentir à juste titre. Mais il y avait autre chose, que le duc avec son expérience à ses côtés, traduisant comme de la méfiance à son égare... voir de la peur? Peut être avait elle déjà fait son deuil et que son retour mettait à malle ses projets d'avenir.

Il porta son attention sur l'abbé et d'un signe de tête le congédia. Il dut insister, l'homme étant comme obnubilé par l'apparition féminine. Une fois la porte refermée, il tira le loquet, s'assurant qu'il ne seraient pas dérangés, à défaut de pouvoir empêcher les curieux de les écouter. Son regard eut alors le loisir de détailler la femme qui lui tournait le dos et semblait en proie à une lutte interne violente. Il tâcha de choisir attentivement ses mots et de briser la glace, qu'elle instaurait par le vouvoiement, dès le début.


Maltea... Je suis content que tu sois là.

Il laissa un moment de silence afin d'apprécier les réactions de la jeune femme, de ne pas la brusquer non plus. Il sentait qu'il marchait sur des œufs et qu'elle était à fleur de peau. Il reprit toujours lentement, mais dans une voix qu'il voulait chaleureuse.

Tu as fait vite pour venir. J'avais hâte de te revoir.

Même silence que précédemment, attendant une éventuelle réponse.

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Maltea di Favara
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MessageSujet: Re: Retrouvailles [rp en gargote champenoise ]   Dim 3 Déc - 11:34

Maltea a écrit:
Content, hâte… Les émeraudes de la blonde duchesse lui en seraient tombées de la tête si cela avait été possible. Sa mâchoire se crispa encore plus fortement lui provoquant même une douleur aux articulations, ses dents crissèrent sous la force de l’étau alors que la jointure de ses doigts blanchissaient encore plus fortement en renforçant leur prise sur le rebord de la fenêtre. Ne pas exploser, non ça n’en valait pas la peine. La voix chaleureuse lui avait fait l’effet d’une douche froide. Comment pouvait-il occulter les longs mois d’absence, et quand il était là, n’être présent à ses côtés que de rares fois ? Jamais il n’avait su la soutenir, autant lui avait pu se reposer sur elle, autant l’inverse était loin d’être le cas. Certes, elle était odieuse avec lui mais tout de même ! Pourtant leur histoire aurait pu être toute autre. Elle se replongea quelques années en arrière. Un conflit pour ne pas changer, des soirées en tavernes mouvementés entre une barque de guerre, un rat crevé, des rires, des jérémiades, une ambiance amenant à vivre avant de succomber à une lame. Il avait attiré son regard, différent des autres, la force tranquille, apaisement dans la tourmente de sa vie. Il n’était pas libre, lié à un fantôme… ironie du sort quand tu nous tiens, puisque ça allait devenir son lot quotidien quelque temps plus tard… elle tenait entre ses mains l’assouvissance d’une basse vengeance envers la fiancée de Ced mais aussi l’occasion de retrouver une stabilité perdue depuis le trépas de son époux dont elle ne s’était remise. Elle avait essayé, mais ses histoires se terminaient lorsqu’ils voulaient du concret, n’étant pas encore prête à passer le cap. Dans sa tête mais surtout dans son cœur, cela aurait été trahir Richard. Cedmisc avait été une trouée lumineuse dans son ciel assombri. Elle avait dû s’armer de patience pour le faire succomber… oh certes, elle avait de suite senti l’attirer, mais il avait des valeurs et la jeune femme avait dû s’y prendre lentement mais surement pour les faire tomber les unes après les autres. Et un soir, alors qu’ils n’étaient que deux, il avait rendu les armes. Une accalmie en son âme tourmentée s’était faite mais au fil du temps, les doutes toujours latents s’étaient réveillés plus virulents que jamais et elle était partie quelques temps, quittant le duché. Alors qu’elle était en Bourbonnais, un événement avait fait qu’elle avait repris contact avec lui. Coincée là-bas, elle lui avait demandé de l’aide, et lui, il avait tout lâché pour aller la rapatrier en terre connue. C’est à ce moment-là qu’elle prit la décision d’en finir avec ses frasques et de lui donner sa chance se disant qu’il changerait, qu’il deviendrait l’homme qui pourrait la soutenir dans son ascension. Et lui il avait essayé, montant même sur le trône champenois, alors qu’il n’aspirait qu’à une vie simple… mais rien n’était jamais simple avec la blonde volcanique.

Alors que leur différence les avait rapprochés dans un premier temps, celle-ci, insidieuse avait commencé son œuvre destructrice. La frustration grandissante la rendait aigrie en la présence de l’homme qui était devenu son époux. Une distance s’était installée entre eux, rampant sinueusement, rendant leur rapport de plus en plus ombrageux. Elle ne faisait pas grand effort non plus, il fallait bien l’avouer. Et puis une rencontre la bouleversa. Elle lutta longtemps contre une attraction née entre son garde et elle. Et puis le drame alors qu’ils étaient assiégé. La peur de mourir sans plus connaitre la passion avait fait le reste, cette fois, c’est elle qui avait balayé ses valeurs d’un revers de la main, répondant à un baiser passionné et imprévu qui réveilla en elle ses instincts les plus primaires, balayant ses fragiles résolutions vis-à-vis de son époux. Sauf que la mort ne les avait pas emportés et qu’il lui était impossible de résister à ses pulsions. Les manquements de son époux avaient fait qu’il n’avait pu lutter contre l’ombre omniprésente autour de Maltea qui attendait son heure pour pénétrer la brèche qu’il avait détecté, ses fêlures. Alors certes, l’histoire avait brutalement pris les fin, mais la duchesse ne fut plus la même. Cet événement précipita le couple dans un abyme sans fin, passant le peu de temps ensemble à se déchirer. Et puis le duc de Joigny avait complètement disparu de sa vie, réduisant à néant le mince fil qui les unissait encore. Et aujourd’hui… Un soupir s’apparentant à un désespoir profond s’échappa de la gorge pleine d’albâtre. Elle ne savait plus quoi faire. Continuer cette mascarade de mariage afin de se protéger contre les vautours voulant s’élever et lui parlant de mariage alors qu’elle détestait cela ? Rompre et risquer de se faire passer de nouveau la bague au doigt pour avoir la paix ? Non elle était perdue, elle ne savait plus. En l’état, son cœur était sec. Ses liaisons tumultueuses n’apaisaient que la faim de son corps, son instinct de chasse mais jamais son âme. Jamais elle ne trouverait l’homme qui pourrait de nouveau lui rendre le sourire, la faire rire comme une enfant, la calmer, apaiser son âme ombrageuse, étouffer ses craintes et ses doutes. Le mal était bien trop profondément ancré, les blessures de l’enfance jamais réellement cicatrisées, juste anesthésiées partiellement mais se réouvrant régulièrement. Cette peur de l’abandon, ce manque cruel d’amour qui l’avait bercé dès son plus jeune âge et surtout la culpabilité, bien plus forte que le reste, celle de détruire les gens qui l’aimaient. Elle avait tué sa mère, son géniteur l’avait couché par écrit dans les missives retrouvées, elle était l’unique responsable, Maltea, fragile nouveau-né ayant tué l’ange blond de son père, missives ayant précipité sa fuite à l’âge de douze ans et fait d’elle ce qu’elle était. Elle était responsable de la mort de son unique amour, passé de vie à trépas dans ses bras, faute à une erreur de son passé. Elle était responsable de la mort de sa cousine, qui s’était donné la mort dans un moment de désespoir alors que Maltea avait fait passer sa loyauté pour le duché en faisant emprisonner le traitre de Bry, sans savoir que ce dernier avait ravi le cœur d’Ana…

A ce stade, la rédemption n’était plus qu’utopie, à moins d’un miracle…

Une profonde inspira chassa ses noires pensées et elle se retourna sur son époux, l’éternel masque de l’actrice en représentation… ce qu’était sa vie, une représentation grandeur nature.


Je voulais être certaine qu’il s’agissait bien de vous, et non d’une usurpation. Partons d’ici, j’étouffe, cette impression d’oppression qui m’étreint devient de plus en plus incontrôlable, j’ai besoin d’air !
Nous allons devoir discuter, mais les murs ayant des oreilles, je préfère avoir cette discussion en notre demeure. Pour information, j’ai introduit une demande de dissolution à notre mariage et n’ayant jamais planté de coup de couteau dans le dos de quiconque, j’aimerai entendre ce que vous avez à dire, afin de prendre la décision de la mener à bien ou de l’abandonner et sauver le peu de dignité qu’il nous reste.


Plus un mot ne franchit ses lèvres, consciente que l’annonce allait agir comme un couperet sur son époux et qu’il lui faudrait du temps pour assimiler la nouvelle.

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MessageSujet: Re: Retrouvailles [rp en gargote champenoise ]   Dim 3 Déc - 11:34

Cedmisc a écrit:
Raté... comme d'habitude ces dernières années aurait-il pu rajouter s'il avait été pessimiste. Mais il avait décidé d'être le contraire cette fois-ci. Le fait de passer près de la mort une nouvelle a cette faculté de vous recentrer sur les priorités tout en amenant un élan d'optimisme. Cela le ramenait aussi à ses origines, et au gamin toujours de bonne humeur qu'il avait été. A quel moment cela avait-il changé? Après le mariage? Non. Avec le début des frasques de son épouse? Cela n'a fait qu'enfoncer un peu plus le couple qui n'allait déjà pas bien. La gestion du duché et l'anoblissement? Peut-être... C'est la qu'il était entré dans un monde nouveau et qu'il avait surement commencé à changer. Il faut dire que passé un temps les époux se voyaient presque vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Mais trop tard pour vouloir changer le passé ou trouver des raisons extérieures, les choses avaient été faites et de lourdes erreurs commises par lui-même. C'était une bonne chose d'enfin avoir pu les analyser mais désormais il fallait assumer et aller de l'avant.

A vrai dire il fut presque étonné que la dissolution n'ait pas déjà été validée et plutôt qu'un couperet, cela lui remit du baume au cœur; remarquez il en faut peu quand on a l'impression d'être au bord du gouffre. Un simple hochement de tête accompagné d'un
"Je comprends" pour toute réponse, le corps mécaniquement orienté pour ouvrir le loquet et la porte. Tout en boitant légèrement il rassembla le peu d'affaire ayant survécu à l'attaque, quelques vêtements, son épée et son bouclier. Pas question de montrer sa faiblesse physique en plus des soucis moraux, il prit l'ensemble et reporta son attention sur la blonde."Nous pouvons y aller, Duchesse" la laissant emprunter le chemin menant à la sortie en premier. de rapides échanges eurent lieu avec l'abée, le remerciant ainsi que l'ensemble des frères pour leur hospitalité et leurs soins; promettant qu'à son retour en ses terres, un dédommagement leur serait envoyé.

La question se posa au moment de partir. Maltea n'étant venu qu'en cheval et lui ayant tout perdu, il lui fallait en trouver un ou se résoudre à monter avec la jeune femme. L'abbaye étant relativement isolée et n'ayant pas de cheval à disposition il leur fallut se rendre à l'évidence.


"Désolé mais je crains d'être obligé de monter sur ton cheval"

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MessageSujet: Re: Retrouvailles [rp en gargote champenoise ]   Dim 3 Déc - 11:35

Maltea a écrit:
Maltea ne se fit pas prier et quitta la pièce étriquée sans demander son reste. Elle ne prit même la peine de s’arrêter pour assister à la discussion avec l’abbé et se retrouva dehors, seule un moment. Sa main se posa sur sa gorge pour la dégager de l’étoffe de sa robe qui la recouvrait. Elle étouffait. La jeune femme avait comme la sensation d’une main invisible qui s’acharnait à la priver d’oxygène. Alors que la tête lui tournait, elle se raccrocha à l’encolure d’Artois qui vint glisser son museau dans le cou de la blonde duchesse. Elle ne devait pas faillir, pas maintenant.
Le corps de la jeune se raidit de nouveau, instinctivement, comme pour se protéger. Elle se rendit compte alors que son époux, qu’elle n’avait entendu arriver se tenait derrière elle. Ses mots lui glacèrent le sang… imbécile qu’elle était, comment n’avait-elle pas pensé à cela ? Mon dieu, il ne manquait plus que ça…


Nous ferons halte au village, il doit bien y avoir une monture à vendre et j’ai de l’or sur moi. Jusqu’à Joigny il fera surement l’affaire, même si la monture ne sera surement pas de la trempe de vos montures habituelles.

Sans plus un mot, elle se mit en selle, se collant le plus possible à l’encolure d’Artois, afin de laisser de la place à son époux. La route allait être longue, très longue.
Le temps de laisser monter Cedmisc que le cheval repartait en direction du village. La promiscuité des deux époux était un véritable supplice pour Sa Garce. C’est qu’elle avait la dent dure, et elle n’arrivait pas à passer au-dessus de l’abandon. Cela avait toujours été sa hantise et il le savait. Bon on pouvait rajouter aussi d’être trompée, ignorée, contrariée… enfin tout ça quoi et bien plus encore!

Le temps paraissait s’être arrêté, et le silence était lourd, encombrant le peu d’espace entre eux. Ses épaules dans un premier temps lui donnaient l’impression de affaisser sous le poids de la rancœur et surtout de la colère qui ne demandait qu’à sortir. La jeune femme se retenait. Il avait été décidé qu’ils en discutent en leur demeure, et elle s’y tiendrait. Au moins elle aurait de quoi lui jeter à la tête si par malheur les mots ne suffisaient pas.

Afin de supporter la route jusqu’au village, la Favara se plongea dans ses pensées, repensant à ses derniers mois. A cette histoire à laquelle elle avait cru et qui l’avait enfoncé encore plus, celle par laquelle elle avait frayé avec le lorrain, chose qu’elle n’aurait jamais dû faire, mais le mal était fait et elle l’assumait. Après tout, elle avait toujours fait les mauvais choix, un de plus ou un de moins… Seul Richard avait réussi à la transformer… elle aurait dû se douter à son propre comportement, que l’histoire n’était pas faite pour durer, mais elle tentait, luttant contre elle-même afin de trouver un équilibre…. Mais comment trouver un équilibre quand nos choix nous portaient à ne choisir que du bancal ? Cedmisc aurait pu mais il n’avait pas le caractère et la force de la tenir. Pouvait-elle lui en vouloir ? Elle voulait changer les hommes mais sans vouloir changer elle-même… égoïsme quand tu nous tiens !
Il fallait bien se faire une raison, il n’était pas encore né, l’homme qui ferait d’elle un chaton !

Le village se profilait non loin et un soupire de satisfaction franchit les lèvres toujours pincées de la duchesse.
Ils y arrivèrent rapidement, et il leur fallut peu de temps pour trouver une monture encore vigoureuse, pouvant se rendre jusque Joigny sans faillir. Le seul avantage d’un fief en frontière avec la Bourgogne.
La bourse ducale fut allégée de quelques pièces d’or et les deux protagonistes reprirent la route, cette fois séparés. Ils filaient rapidement sur les chemins rocailleurs, le vent fouettant le visage d’albâtre de la duchesse, la revigorant. Joigny fut enfin à portée et il ne leur fallut plus que quelques minutes pour arriver dans l’enceinte du château. Les ducs furent accueillit avec une certaine curiosité. Surtout la blonde épousée qui n’y foutait jamais les pieds, préférant Brienne ou encore Rethel quand elle optait pour la chasse.
Elle se dirigea vers le petit salon tout en se débarrassant de sa cape et de ses gants et s’installa dans un siège non sans s’être servi un verre au préalable… elle allait en avoir grandement besoin !

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Maltea di Favara
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MessageSujet: Re: Retrouvailles [rp en gargote champenoise ]   Dim 3 Déc - 11:35

Cedmisc a écrit:
L'époux grimaça quelques peu tandis qu'il montait sur le cheval à la suite de son épouse. Cependant il n'était toujours pas question de montrer des signes de faiblesse. Il se saisit des rênes et donna le signal du départ. Durant le trajet il prit soin de coller le moins possible la blonde située devant lui. Il était difficile de ne pas sentir la gêne et la colère de la mariée, qu'il comprenait fort bien au demeurant, retenue par la nécessité de bien se comporter en public. L'envie de la titiller lui effleura bien l'esprit mais cela n'aurait fait qu'envenimer les choses au stade dans lequel se trouvait leur relation. Heureusement ils trouvèrent un cheval dans le village voisin et l'inconfort fut moindre par la suite.

Durant le trajet les menant à Joigny, il pensait à ce qu'il allait dire, même s'il s'était déjà répété ces mots des dizaines de fois dans la cellule du monastère. Bien sur que s'ils en étaient arrivé là c'était la faute aux deux , Maltea ne changeant pas ses habitudes et lui ayant agit sur un coup de tête, ce qu'il faisait rarement, qui avait été au final salutaire pour ne pas exploser. Désormais sauraient-ils faire amende honorable et pardonner les fautes des autres? Y avait-il encore cette volonté et ce désir malgré tous les problèmes encontrés? Ils allaient être fixés rapidement car le château pointait à l'horizon.

L'accueil fut un mélange de joie et d'étonnement, à la fois de revoir le duc qui passait déjà pour mort et la duchesse qu'ils voyaient pour la plupart pour la première fois, mais qu'ils connaissaient déjà surement par le biais des messes-basses colportées par quelques personnes "bien placées" et qui avaient circulé dès l'obtention du duché par Cedmisc. Ce dernier mit un point d'honneur à descendre seul du cheval, ayant intimé d'un mouvement du doigt aux hommes qui accouraient de ne pas s'en mêler. Quelques mots furent accordés aux gestionnaires du domaine, leur indiquant qu'ils les verraient plus tard, donnant l'ordre de servir à manger et à boire dans le salon puis de répondre aux demandes de Sa Grasce en attendant qu'il la rejoigne. Ce qui fut fait après un bref changement d'habits, troquant ceux déchirés pour d'autres dans lesquels il était bien plus à l'aise et présentable. Après avoir donné l'ordre de ne les déranger sous aucun prétexte et rappelé au garde de ne pas écouter autre chose que les bruits de pas des servants, il referma lentement la porte derrière lui, tirant le loquet. Il s'pprocha de la table et prit la parole:


"J'espère que l'on t'a donné tout ce dont tu avais besoin. Tu veux t'asseoir?" Il lui présenta un siège attendant sa réponse. Il fit de même de son côté, s'adaptant à sa correspondante, se servant au passage d'un bon verre de vin. Puis il patienta, la laissant ouvrir les hostilités.

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MessageSujet: Re: Retrouvailles [rp en gargote champenoise ]   Dim 3 Déc - 11:35

Maltea a écrit:
Le liquide tournoyait dangereusement dans son contenant… Peut-être aurait-elle du choisir une coupe moins lourde, elle ferait moins de dégâts en cas de colère non contenue, si par malchance, la blonde duchesse visait juste. Le liquide rougeoyant captait les flammes des bougies, ce qui plongea, un court instant, la jeune femme dans sa contemplation… le sang, le feu, la vie, la passion, la mort… tout n’était question que de perspectives. La voix de l’époux la sortit de son mutisme. Il était temps de mettre cartes sur table, sans même prendre la peine de répondre à sa question.

Comme je vous l’ai annoncé à l’abbaye dans laquelle vous vous cachiez, j’ai introduit une demande de dissolution de mariage. Autant je peux me satisfaire d’un mariage sans sentiment, sans aucun apport de quelque sorte que ce soit, autant un époux disparu ne se donnant point la peine de donner signe de vie, me laissant dans l’expectative d’une mort ne m’a point été supportable et a été l’élément déclencheur de ma démarche.

Un moment de silence s’installa pour mieux choisir ses mots… non pas la peur que ceux-ci déclenchent une riposte sanglante de celui qui était son époux devant le Très Haut, mais parce qu’elle savait qu’elle serait cinglante et que toute vérité n’était bonne à dire. Malheureusement, un de ses plus gros défauts était d’être entière. La jeune femme ne pouvait se résoudre de laisser sous silence un pan de sa vie. Et puis zut, il était impossible d’adoucir les mots qui allaient suivre….

Je ne vous cacherais pas m’être abandonnée dans d’autres bras, peut-être plus qu’il n’aurait fallu, cela je le conçois, mais de déceptions en déceptions, ma façon de procéder étant de remplacer pour faciliter l’oubli mais aussi pour m’oublier moi-même et me sentir vive, et ces derniers mois n’ayant été composés que de turpitudes et de tourments, j’ai connu charnellement trois hommes. Leurs identités n’ayant guère d’importance à mes yeux, je passerais donc cela sous silence. De toute façon, je gage que vous ne tarderez point à être mis au courant, mais après tout, cela ne me regarde pas.
Si cela peut vous soulager, punition m’a déjà été donnée par celui qui voit tout d’en haut, le Très Haut ayant laissé commettre un acte peu valeureux… même si je compte bien me venger, en temps et en heure, de son laquais de pacotille, cet homme sans honneur qui par souci d’élévation d'un proche a utilisé quelques procédés malhonnêtes pour arriver à ses fins, surement une façon de se venger à son tour de mon départ et surtout de mon refus de partager de nouveau sa couche. Je ne le saurais jamais et à vrai dire, peu me chaut.


Oh oui, elle se vengerait. Si elle détestait l’hypocrisie, elle détestait encore plus la bassesse et les moyens incluant la sorcellerie pour arriver à des fins peu aristotéliciennes. Maltea était ce qu’elle était, des défauts en veux-tu en voilà, mais elle était droite, loyale, et quand elle frappait, c’était de face, jamais dans le dos et comble de l’idiotie, elle prévenait avant. Quoique peut-être pas si idiot… il ne devait guère être plaisant de se savoir condamné mais sans savoir quand l’épée de Damoclès finirait par frapper. Elle aimait prendre son temps et ses proches prenaient un soin tout particulier pour ne point qu’elle oublie son noir dessein. Elle frapperait, et fort, mais pour le moment, elle plaçait ses pions, laissant sa vengeance ramper silencieusement ici et là, s’installer, dérouler ses membres tentaculaires. Il n’y avait rien de pire qu’une femme pour ce qui touchait au machiavélisme.

Seule consolation, il était doué en l’art de la chair… d’un autre côté, si cela n’avait été le cas, tout cela ne serait arrivé, tout le monde sait que je tombe rapidement amoureuse de corps à corps torrides mais que je m’en lasse aussi très rapidement quand il n’y a rien de concret derrière, quand il n'y a qu’une coquille vide. Ainsi va la vie ai-je envie de dire. Bref…. Toutes ces histoires sont derrière moi, mais par souci d’honnêteté et de transparence, je me devais de vous les vomir à la face … tout comme moi, vous récoltez vos semaisons.

La Favara se rendait compte que les mots étaient forts et perfides, mais elle ne pouvait s’empêcher de frapper avec force. Jamais elle ne faisait dans la demi-mesure, même si un soupçon de peine l’étreignait maintenant, pour cet homme qui n'avait fait que pour seule erreur de lier sa vie à la sienne; alors qu’elle avait cessé de brandir sa haine tel un étendard sur un champ de bataille maculé d’une nappe rouge sombre s’écoulant des corps décimés.
Sa blondeur et sa luminosité ne faisait pas d’elle la copie conforme de l’Ange blond et bon que représentait sa défunte mère, mais son pendant ténèbres, l’ange déchu qui sous une apparente beauté lumineuse n’était qu’orgueil et haine pour les hommes qu’elle entrainait à leur perte tout comme le général du Sans Nom, de par sa pratique de la séduction et de l’art amoureux vénusien.
Un jour peut-être retrouverait-elle la paix et ainsi la disparition de cette haine qui la consumait et finirait par la détruire aussi… mais pour le moment, cette dernière était son moteur, l’essence même qui lui donnait la force de balayer les obstacles qui se dressaient sur son chemin.

La duchesse vida son verre d’une traite avant de le reposer, plongeant son regard de glace dans celui de son époux afin de déceler dans celui-ci, ce que son venin avait pu causer. Il pouvait cacher physiquement son effet, mais les yeux, eux, ne pouvaient mentir… n’étaient-ils pas le reflet de l’âme ?

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MessageSujet: Re: Retrouvailles [rp en gargote champenoise ]   Dim 3 Déc - 11:36

Cedmisc a écrit:
Il repoussa donc la chaise contre la table avant d'aller se servir. Le liquide rouge sur son palais dégagea ses notes fruitées qu'il appréciait tant. Il fit tourner le vin dans le gobelet appréciant sa couleur, tout en écoutant les paroles prononcées. Il la laissa finir, préparant déjà ses propres mots, les choisissant avec soin. La dernière tirade lui arracha un sourire, même si son regard l'espace d'un instant s'était voilé. Il soutint son regard tandis qu'il prenait la parole à son tour.

"Il ne me semble pas que tu ais eu besoin que je t'abandonne pour partager ta couche avec d'autres. Mais bref, cela n'est pas le cœur du sujet..."Il n'était en effet pas là pour relancer une dispute sur ses infidélités. Il ne voulait pas passer par quatre chemins. Il fit quelques pas vers la fenêtre, tournant le dos à celle qui était encore au moins pour quelques jours sa femme. Une dizaine de secondes s'écoulèrent avant qu'il ne reprenne.

"J'ai toujours apprécié ton honnêteté et ta franchise et je vais faire de même. J'assume entièrement mon comportement de ces derniers mois. A la mort de mes parents, il me fallait me rendre en Savoy. La logique voulait que je te prévienne au moins, mais j'y ai vu la un moyen de me détacher des ennuis champenois et de nos disputes qui devenaient fréquentes. C'est très certainement un acte de lâcheté et d'abandon et par ces explications je ne cherche aucune excuse. J'assumerai les conséquences quelles qu'elles soient. Il est logique que tu ais demandé la dissolution et ais profité de mon absence."

Un demi tour sur lui même après une nouvelle gorgée de vin de Joigny, faisant face à son interlocutrice.

"Néanmoins notre période de séparation m'a permis de réfléchir à beaucoup de choses, y compris à notre couple. Parfois il faut s'éloigner pour se rendre compte de ce qui nous manque. L'attaque que nous avons subis avec mon escorte n'a fait que retarder l'échange que nous avons en ce jour et qui était prévu. Je ne sais pas si tu as reçu le message que je t'ai fait envoyé à mon approche de Champagne quelques jours avant d'être transpercé comme un bout de viande."

Son regard fixe celui de Maltea, un air plus déterminé pouvant se lire. Il parla d'une voix plus assurée.

"Une fois notre mariage consommé notre couple n'a cessé de sombrer petit à petit. Peut être avons nous des responsabilités communes mais peu m'importe, ce qui m'a intéressé dans ma réflexion ce sont les miennes. Mon éloignement m'a permis de démêler les choses et de définir clairement ce a quoi je tenais le plus. Les titres, les châteaux... certes j'en profite largement et je suis heureux de les avoir, mais je pourrai être tout aussi heureux dans une maison en ville."

Moment de pause à l'évocation d'une maison en ville, les souvenirs de ses premiers mois à Conflans refaisant surface. Il avait connu beaucoup de choses là bas, en ayant peu de choses, rimant chaque jour pour se payer le repas et glaner quelques économies qui disparaissaient parfois en beuveries lors de soirées mémorables en taverne. Cela ne l'avait pas empêché d'être heureux et de rencontrer l'amour par trois fois.

"Non. Ce qui m'importe le plus c'est d'avoir à mes côtés une personne que j'aime et je me suis rendu compte curieusement qu'en fait c'était toi qui importait le plus. Cela peut paraître ironique vu le point d'arrivé de notre histoire commune mais c'est la conclusion à laquelle je suis arrivée."

Le regard se porta sur le corps de la jeune femme détaillant cette fois ci les formes toujours avantageuses avec envie. Ce corps qui à terme lui avait manqué quand il était encore en Savoy et pourtant il lui aurait été facile de se contenter d'une donzelle du coin. Mais ce n'était pas le corps de la furie et ça faisait toute la différence.


"Je ne peux pas changer ma nature profonde, je ne suis pas Richard et ne le serai jamais. Ce serait malhonnête de croire l'inverse. Par contre je sais rediriger mes priorités envers la chose qui me tiens le plus à coeur dans le but de remplir mon rôle de mari et de duc. La vérité c'est que je t'aime toujours Maltea et que je me suis maudis d'avoir perdu de vue cela. Ma volonté est toujours de t'avoir à mes côtés, "de t'aimer, te chérir jusqu'à ce que la mort nous sépare" comme on l'a si bien dit. Maintenant je sais qu'il serait peut être préférable pour toi de gagner ton indépendance. Quoi qu'il en soit, la décision t'appartient et je la respecterai."

Il ponctua en vidant son gobelet qui finit par être posé sur la table. Il avait essayé d'être sincère et convainquant mais la balle était désormais dans le camp "adverse".

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MessageSujet: Re: Retrouvailles [rp en gargote champenoise ]   Dim 3 Déc - 11:36

Maltea a écrit:
Léger froncement de sourcil lorsqu’il aborda le sujet de ses tromperies… Certes il ne disparaissait pas de longs mois à cette époque, mais même présent, il était absent. Certes, elle n’aurait pas dû s’oublier entre d’autres bras, mais elle était faible et en était pleinement consciente. Ce besoin constant d’être rassurée, de se sentir en sécurité, elle ne le comblait pas avec lui. Combien de fois, la jeune femme n’avait pas été la cible d’hommes la désirant et le clamant ouvertement devant l’époux ? Et la réaction se faisait toujours attendre… rien, jamais de riposte, jamais un geste de courroux, jamais au final, ne serait-ce qu’une once de fierté masculine ne serait-ce qu’en disant, pose tes yeux ailleurs manant, elle est mienne ! Non jamais il n’avait montré un quelconque signe d’intérêt. Certes, il ne devait pas être jaloux, heureux homme qu’il était, mais voilà, l’italienne avait besoin de ça et si d’autres le comprenaient de suite, il aurait dû lui aussi le découvrir.

« J’ai toujours apprécié ton honnêteté et ta franchise… » Il en fallait au moins un sur les deux qui le soit et Maltea même si elle trompait, mettait un point d’honneur à ne pas se tromper elle-même et cela passait par assumer ses actes et les conséquences de ceux-ci. Certains diront : oh mais c’est facile de faire et puis de demander pardon… sauf qu’elle ne le demandait pas, elle énonçait juste des faits, à l’autre ensuite de prendre sa décision, assumer ou pas. A quand bien même l’aurait-il quitté, qu’elle n’aurait même pas donné suite. Elle était comme ça, une relation se terminait, une autre débutait, pas besoin de tergiverser des heures sur le nombre de larmes à verser. De toute façon, elle avait tout épuisé quand le duc de Brienne était passé de vie à trépas dans ses bras. Amante ardente mais cœur éteint, qui parfois se ravivait sous des doux mots accompagnants une étreinte sensuelle mais qui finissait toujours par s’estomper avant de disparaitre, à peine avaient-ils touché son cœur qui de nouveau se flétrissait. Que dire de son âme, surement hors d’atteinte pour qu’un seul de ces mots, une seule des promesses prononcées lors d’un orgasme ne l’atteigne réellement. Et à quoi bon ? Ils n’étaient jamais prononcés de façon sincère ou encore désintéressée. Elle était belle, assez bien faite, riche et titrée, femme de tête ayant un certain pouvoir, que demander plus ? Sa fidélité ? Ils s’en fichaient tant qu’ils pouvaient en tirer profit… Si ce n’est qu’ils avaient tout faux, elle ne donnait rien ou alors très peu.

« La logique voulait que je te prévienne… » Oh mais pour cela, fallait-il encore en avoir une ! Rien, ils ne partageaient jamais rien. Ils étaient mari et femme, mais auraient pu passer pour deux étrangers sans éveiller le moindre soupçon. La Favara ne put empêcher un sourire amère de se peindre sur son visage. Et oui c’était ce qu’ils étaient l’un pour l’autre, des étrangers. La jeune femme, avant ce jour, ne savait même pas qu’il avait encore ses parents, du moins avant qu’ils ne trépassent. Le seul mot familier était la Savoie, seule information sur son passé qu’elle avait réussi à lui extorquer. Plus de quatre années de mariage sans savoir qu’elle avait des beaux-parents. Si la situation n’avait pas été aussi tendue, elle en aurait pleuré de rire. Mais sur quoi reposait leur union ? C’était la question qu’elle se posait régulièrement.

Et de hocher simplement la tête à l’évocation de la fameuse missive…. Arrivée après des mois de silence, et ayant annoncé un retour qui n’arriva… et bien qu’aujourd’hui… des mois, plus des mois, ça en faisait des mois… Tu m’étonnes qu’il ait eu le temps de réfléchir, et même en long, en large et en à travers !
« Mais je pourrai être tout aussi heureux dans une maison en ville… » Et de nouveau cette envie de hurler qui vous étreint la gorge de sa main squelettique, cette sensation d’étouffer, de quémander ne serait-ce, qu’une infime goulée d’air pur qui viendrait vous bruler au fer rouge les poumons mais qui vous permettrait de vivre jusqu’à la minute suivante. Lui, son bonheur, mais et elle dans tout ça ? y avait-il déjà songé, ne serait-ce qu’une seule fois depuis qu’ils étaient ensemble ?

La jeune femme ne put occulter le regard qu’il posa sur son corps, la détaillant avec une envie non dissimulée et eut envie de fuir. Cela faisait des mois, des années même, qu’ils ne partageaient plus la même couche. Et quand il la partageait encore, ce n’était qu’un simple devoir conjugal comme un autre, celui de besogner sa femme dans l’espoir d’une descendance… Elle n’avait jamais été femme à se contenter de ça, Maltea ayant besoin de magie, d’un feu d’artifice, d’une passion dévorant ses sens et la laissant pantelante mais comblée. C’était bien ça le souci avec lui, ce n’était jamais assez, toujours trop peu. Tiédeur dans les paroles, tiédeur dans l’acte charnel, tiédeur dans les actes, à croire qu’elle était incapable de réveiller les instincts guerriers et primitifs chez son époux alors qu’elle réussissait à animer ceux du reste du royaume. Certes, tout le monde n’était aussi excessif qu’elle, mais bordel, tout de même ! Et non, il ne serait jamais Richard, mais personne… elle s’était fait à cette idée, elle ne pourrait jamais l’oublier, jamais…. Et cette pensée la fit frissonner tout autant qu’elle ne la lamina, telle une lame de fond déferlante, emportant le reste de ses illusions avec elle vers d’autres rivages ou encore au fond d’un abyme.

Brisée, elle venait d’être brisée. Sa vie venait cette fois de perdre tout son sens. Sa quête de l’absolu, de son Saint Graal venait de voler en éclat et ces derniers de voler au vent. Jamais, elle ne pourrait remplacer l’irremplaçable ! Jamais son cœur ne retrouverait légèreté, jamais plus elle ne serait heureuse. Alors soit… elle y réfléchirait… Mais pas maintenant, pas tout de suite. Là, sa seule envie était de s’isoler et de pleurer silencieusement sur sa vie qui n’était plus.
Juste quelques mots prononcés de façon mécanique pour ne pas faillir…


Laissez-moi quelques jours pour y réfléchir. Réponse vous sera bientôt donnée.

Et elle quitta la pièce, afin de s’enfermer dans sa chambre et de finalement laisser libre cœur à l’extériorisation de tout ce qu’elle avait réussir à contenir jusque-là.

Quelques jours plus tard…

Alors que la duchesse travaillait en son bureau, n’ayant toujours pas pris de décision ferme et définitive, une visite l’interrompit dans son travail. Sa Grâce Angel désirait la voir…. Cette sensation que le monde vient de s’ouvrir sous vos pieds et cet instinct de survie faisant que vous vous raccrochez à tout ce qui peut vous aider pour ne pas sombrer dans les méandres terrestres. Cette dualité qui s’acharne à vous faire la guerre…. Et la jeune femme se raccrocha à ce qu’elle put… un juron en sa langue natale fusa alors qu’ordre puéril fut donné…. Celui de laisser ses armes à l’entrée… stupide mais sur le moment, elle ne s’était raccrochée qu’à cela. Elle était chez elle, elle était le maitre, elle avait l’ascendant et le pouvoir, pas lui, et qu’il soit désarmé la sécurisait, tant au cas où un une sourde colère pointerait de sa part, tant de la sienne, au moins elle le planterait sans avoir à souffrir d’une riposte aiguisée.

Elle quitta sa table de travail pour se placer face à la fenêtre, dos à la porte. Maltea ne voulait le voir, croiser ses azurs. La bataille faisait rage, le souvenir contre sa haine à son égard. Les quelques bons moments contre ceux où il l’avait blessé. Elle l’entendit rentrer, mais ne se donna pas la peine de se retourner. La transalpine connaissait la raison de sa présence, elle n’en faisait un secret et il était normal que cela lui soit venu aux oreilles…. Sa nièce… celle qu’elle avait juré d’abattre au même titre que lui et que sa future épouse pour surenchérir aux menaces déposées par cette dernière ayant demandé au saumon pas frais la tête de la blonde Garce pour avoir détourné d’elle celui qui dans, quelques jours ou quelques heures allait devenir son époux, ou peut-être était-ce déjà fait ? Elle avait perdu la notion du temps.

Et le sujet de la nièce fut lancé, les mots tranchants volant de l’un à l’autre sans faire grand dégât, surement tous deux rodés à l’exercice, le temps de leur « union » éphémère. Exercice d’autant plus aisé lorsque seul un dos est montré à l’ennemi, quitte à prendre le risque de s’y faire frapper.

Le trait monte, autoritaire d’une part, glacial de l’autre, avant de la forcer à faire volte-face et à le regarder dans les yeux mais causant aussi une proximité des deux anciens amants tumultueux. Un dialogue de sourd comme bien souvent entre Angel et Maltea, un geste d’une certaine tendresse mais qui n’est pas compris sur le moment suivit d’un autre le repoussant, plus par souci de protection que de réel dégout. Des mots qui raisonnent… Laisse Louise tranquille, je l’épouse car elle est grosse, elle porte mon enfant…. Je ne la touche pas et tu le sais…. Des mots qui font mouche mais qu’elle tait, ripostant par d’autres cinglants… je m’en fiche, que tu la touches ou pas, ce n’est pas mon problèmeCe sont tes choix, pas les miens… de nouveau un échange, des menaces, avant un départ… Bonne soirée mon soleille soleil est mort Angel, il a perdu son éclatla haine a pris le dessustu as toujours eu de la haine en toi… ce qui fait ta fougue… Touché, encore une fois, c’était elle trompée ? la connaissait-il vraiment ? La riposte fut celle de trop, une porte claqua, la jeune femme se retourna sur la fenêtre, les poings serrés de rage, laissant son regard battre la noirceur de la nuit avant d’apercevoir la silhouette du passé, illuminée par les torches qui lance un dernier regard en sa direction avant de prendre congé. Elle le regarde partir, jouant avec l’alliance à son doigt, le front maintenant posé contre la morsure de la vitre froide.

Le serviteur entre, la rappelant à ses devoirs… il était temps de donner la réponse à son époux. La réponse cingla…


Répondez-lui que je n'y ai pas encore totalement réfléchi, que ça prendra le temps qu'il faudra, après tout il a mis du temps avant de revenir !

Alors qu’elle s’installe à sa table de travail et commence à rédiger une missive, le valet se retourne sur elle et lui glisse quelques mots... ce qui crispe les dents de la blonde jeune femme qui reprend la missive la condamnant, annulant la demande de dissolution, le cœur lourd et l’âme torturée, mais la force n’y est plus…. Echec et Mat !

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