Duché de Brienne et Duché de Rethel

Lieu de vie des familles di Favara & Fontanaz ainsi que de leurs vassaux
 
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 [1456-12] La promesse

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Lily
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MessageSujet: [1456-12] La promesse   Dim 11 Jan - 1:54

[Maison de Joffrey111 et Fionavaar, mois de décembre, après l'enterrement de Joffrey111]

Depuis un moment, sa main manipulait lentement le papier. Elle s'amusait à le faire passer entre ses doigts fins et par sa faute, il était froissé. Cependant, elle s'en trouvait plus attachée comme si la maltraitance lui avait donné un peu plus de valeur. Elle aurait pu réciter les yeux fermées le contenu du courrier. Elle avait tant lu et relu ces phrases. Ce n'était pas la première fois qu'il lui écrivait. Elle avait reconnu son écriture. Son cœur s'était mis à battre plus fort et peut-être que la réalité, du moins le monde extérieur s'était à nouveau manifesté à elle.

Depuis que Jo était en terre, Lily laissait passer les jours, s'obligeait à oublier qu'ils passaient même. Elle ne s'était pas présentée au mariage de Golitor et Ysa bien qu'elle les aimât tout deux tendrement, et elle n'avait même pas pris la peine de répondre à Pompoko l'informant de son mariage avec Tanguy.

Le bonheur des autres l'agaçait. Qu'on veuille en plus qu'elle en soit témoin l'affligeait. Lily préférait de loin rester prostrée.

Et puis elle avait reçu cette missive.

Elle s'était montrée très réservée lors de l'enterrement, voire même froide. Si toutes les attentions du jeune homme durant l'été lui avait plu, la fin de son séjour à Brienne, les mois passés et la mort de Jo ne lui avaient pas permis d'être aussi démonstrative que le jeune homme. Ce n'était pas avec plaisir qu'elle faisait attendre sa réponse. Seulement, elle ne cessait de se demander si elle devait le voir à nouveau.

Lily ferma les yeux un instant, sentant sur son visage la chaleur qui se dégageait de la cheminée. Puis elle se leva d'un coup. Elle s'installa à la table de travail de son parrain et se concentra en préparant le nécessaire pour écrire. Elle se devait être courtoise et bien éduquée. Déjà comment se devait-elle de l'appeler ? Il avait signé Gabriel Wagner. Elle griffonna un premier mot puis continua sur sa lancée :
nous ne pouvons accepter qu'un de nos amis puisse résider à l'auberge sans lui proposer de séjourner en notre humble demeure à un demi lieu. Lily leva la tête. Ca lui convenait moyennement. Elle gratta à nouveau puis signa tout simplement « Lily ». Elle avait voulu faire simple et toujours aussi distant. Bon, ce n'était pas tout à fait sa maison, mais ce n'était ma foi qu'un détail fort peu important à ses yeux.




« Gaultier ! »


Agé de 12 ou 13 ans, le garçon se retourna. Il avait sans doute la vie facile dans la cuisine où Lily fit irruption. Lily alla jusqu'à lui en lui disant :

« Va apporter ceci à l'auberge à Gabriel Wagner dans une des auberges de la ville, je ne sais pas laquelle... Mais tu ne devrais pas avoir de mal pour le trouver. En ne reviens pas sans lui ou une réponse. »


Alors que la cuisinière redressait la tête et allait répliquer, Lily dit aussitôt avec un sourire charmant :


« Oui ! Nous avons un invité. Demandez donc à Gaultier ce dont vous avez besoin... Je monte prévenir Fiona ! »


Lily fila de la cuisine en disant ses mots ce qui ne l'empêcha pas d'entendre la cuisinière bougonner :


« Ah ! Parce que la maîtresse n'est pas au courant ? »
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Gabriel

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MessageSujet: Re: [1456-12] La promesse   Mer 21 Jan - 0:47

De la fenêtre de l'auberge, il contemplait les allées et venues des marchands et autres habitants de la ville. Occupation certes des plus triviales, mais qui lui manquait grandement à Brienne... Le château manquait d'animation, et le hameau n'était pas un centre d'échanges comme Varennes. Cela lui faisait penser à Clermont, et aux souvenirs de son enfance, disparue il y a bien longtemps.

Une tourterelle virevoltant devant sa fenêtre le tira de ses pensées, et il détacha le message accroché avant de la laisser se reposer un instant. Il ne jeta qu'un coup d'œil discret à la courte lettre, sachant dès la vue de l'animal que rien d'important n'y était inscrit. Sibeal lui aurait envoyé un volatile de couleur sombre si son absence à Brienne était problématique, et son retour urgent. C’était un oiseau beige clair qui était arrivé, signe que tout allait bien. L'absence l'hiver était de toute façon rarement un problème, vu qu'il ne se passait à peu près rien. Certes, loups et brigands étaient toujours à craindre, mais visiblement, les premiers ne trouvaient pas ses terres assez accueillantes, et les seconds n'avaient pas encore mis le duché sur leurs tablettes.

Il soupira, et s'installa devant le traité qu'il avait fait porter de Brienne, quand il avait décidé de rester ici. Il songea un instant, comme tous les jours, que cela pouvait être une mauvaise idée, et qu'elle partirait peut-être - voire même surement - dans le Béarn avant de l'avoir vu... Mais tous les jours, sa petite visite au bureau du douanier lui donnait la même réponse : elle n'avait pas quitté la ville. Et tant qu'elle ne repartirait pas, il ne bougerait pas non plus. Il subsistait toujours cet espoir, bien que de plus en plus ténu, qu'elle accepte de le voir...

Les yeux dans le vague, inconscient de ce qu'il lisait, il se remémora les moments passés… Les instants à Brienne, bien que toujours teinté de l'amertume du départ, et la mise en terre. Un beau trou que la jeune femme avait fait creuser à la fine fleur de la noblesse champenoise, et une belle cérémonie malgré tout... Sauf sa distance, comme si un gouffre les séparait à chaque instant. Peut-être que ce n'était pas que le chagrin qui l'avait tenu éloignée... peut-être qu'elle ne souhaitait réellement plus le revoir, et que sa lettre avait finie au feu, sans même être décachetée... Au final, elle devait probablement souhaiter oublier jusqu'à son nom, vu ce qui s'était passé l'été dernier...

Il revient encore une fois au début de son chapitre. Pauvre Plutarque... sans cesse ses doigts tournaient machinalement les pages, mais sans cesse son esprit était occupé à tout sauf à retenir ce qu'il lisait, si bien qu'il n'avait pas la moindre idée de ce qui lui était passé sous les yeux dès qu'il reprenait pied avec la vie réelle, et il recommençait inlassablement... Mais cette fois-ci, ce fut un bruit à la porte qui le fit perdre le fil de sa lecture. L'aubergiste signalait sa présence ainsi, mais un coup d'œil au soleil dehors lui fit froncer les sourcils. Il était bien trop tôt pour un repas...


Entrez !

Une tête apparut dans l'entrebâillement de la porte, pour vérifier qu'elle ne dérangeait rien - bien qu'elle sache à chaque instant qui avait pénétré dans sa chambre - et le reste du corps suivit ensuite. Elle tenait une lettre, qu'elle lui tendit.

Votre Gr.. Messire, un jeune garçon vient d'apporter ceci. Ca vient de la ferme de Fiona.

Si le début de ses mots le fit sourire - il n'avait toujours pas réussi à lui faire comprendre qu'il n'était ni Duc, ni réellement noble - la suite le fit pâlir, mélange d'espoir et d'angoisse. Il prit la lettre avec un mot de remerciement, et attendit le départ de l'aubergiste - bien que ses yeux indiquaient qu'elle serait bien restée pour glaner des informations - et ouvrit la missive.

Il dut s'arrêter dès la phrase, ses yeux balayant le parchemin jusqu'à la signature, qui lui fit cogner bien plus fort le cœur. Il la lu, et relu, et la lu encore une fois, pour vérifier qu'il n'imaginait pas. Il s’obligea à la reposer, et à inspirer. Ce n'était qu'une déclaration amicale, vidée de sentiments, envers quelqu'un qui s'était préoccupé de la mise en terre de son parrain, se força-t-il à penser. Rien à voir à une quelconque réponse à sa lettre. Une simple proposition d'hospitalité, peut-être pour le remercier de celle qu'il lui avait donnée cet été, et qui clôturerait une éventuelle dette instaurée entre eux.

Il plia la lettre et la rangea soigneusement, prit son manteau, et sorti. Il trouva le garçonnet dont avait parlé l'aubergiste, et lui fit signe.


Je t'en prie, conduis moi.

Il fit signe à Hu de ne pas bouger, mais de se tenir prêt à un éventuel départ, et marcha jusqu'à la demeure qu'il avait quitté il y avait quelque temps. Si les pensées ne cessaient de se bousculer pendant tout le trajet, il arriva là bas à peu prés calme. Il ne pouvait décemment pas laisser cette chance - la dernière, sans nul doute, de lui parler et de la voir - se perdre à cause de sa maladresse...
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Lily
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MessageSujet: Re: [1456-12] La promesse   Sam 2 Mai - 17:03

Il ne lui avait pas fallu plus d'une minute après le départ de Gaultier pour regretter son élan.

Devant son miroir, elle avait par trois fois, tenté de réaliser une coiffure qui put lui convenir. Sa tenue ne lui plaisait guère mais c'était la seule convenable pour une filleule endeuillée. Un ensemble marron avec quelques fantaisies en dentelle couleur crème.

Elle était toujours dans sa préparation lorsqu'on vint la chercher pour lui dire que le « monsieur » était arrivé. Son coeur fit un bond dans sa poitrine et s'il avait été doué de parole, il aurait crier : « Déjà ?! ». Lily répondit qu'elle descendait dans la minute. A nouveau seule, elle se tourna une nouvelle fois vers le miroir. Il n'avait pas tardé. Elle aperçut son reflet, se pinça les joues pour tenter de donner un peu de couleur à son teint trop pâle et après une grande inspiration se décida à quitter sa chambre.

Elle resta quelques secondes devant la porte du seul salon de la maison, toqua et ouvrit la porte avec énergie, le coeur vaillant. Elle s'était sentie angoissée dès la lecture de la lettre où il demandait à être reçu à un moment de sa convenance sans en indiquer le motif et c'était cette absence d'indication de motif qui l'alarmait. Cela avait au moins le mérite de la divertir de ce chagrin dans lequel elle se complaisait.

Elle demeura quelques instants immobile sur le pas de la porte, interdite. Elle papillonna des yeux pour vérifier ce qu'elle voyait, ou plutôt ce qu'elle ne voyait pas. La pièce était vide, enfin vide de toute présence humaine. Une voix résonna derrière elle :


« Nous avons installé l'invité dans le bureau... »


Lily fit un demi-tour et considéra Gaultier avec un air interrogateur.


« Cette pièce est glaciale, justifia le garçon. »


Surprise par le gamin et par son bon sens, Lily se contenta d'un hochement de tête. Le bureau où elle y avait élu domicile, expliquant qu'un feu de cheminée soit maintenu régulièrement était la pièce la plus appropriée pour recevoir en plein mois de décembre.

Le chemin n'était pas long entre le salon et le bureau mais bien assez pour qu'elle remette en cause son assurance. Elle leva son poing, s'arrêta, tenta d'entendre le moindre signe de vie de l'autre côté. Rien ne parvint à son oreille cependant il était là puisqu'on le lui avait dit. Elle baissa son poing et sans avoir frappé, ouvrit la porte doucement puis pénétra dans le bureau. Elle n'articula aucun mot. Il était bien là. La pièce avait la particularité, sans doute pour le jeune homme, d'être à la fois un bureau : la table de travail se trouvant près de la fenêtre, près de la lumière du jour, une petite bibliothèque par les quelques étagères et un minuscule salon par ses trois fauteuils à accoudoir et sa table haute et ronde réfugiés non loin du foyer. Elle s'appuya contre la lourde porte pour la fermer. Elle avança finalement en disant :


« Bonjour... Vous a-t-on proposé une collation ? Du moins, je l'espère... »


Un sourire aux lèvres pour l'accueil, un sourire aux lèvres pour être polie, un sourire aux lèvres pour cacher sa nervosité, un sourire aux lèvres pour faire oublier son deuil. Le sourire était le parfait compagnon du mensonge.
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Gabriel

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MessageSujet: Re: [1456-12] La promesse   Dim 3 Mai - 23:21

Le chemin était sensiblement le même que celui qu'il avait emprunté quelques temps auparavant, avec son frère à ses côtés. Joffrey avait été enterré, mais cela ne semblait n'avoir aucune incidence sur le sentier menant à la ferme de Fionavaar. Peut être la terre était-elle un peu plus retournée, les cailloux plus épars, témoins des passages de chevaux et de carrosses... Mais au final, bien peu de jours s'étaient écoulés, trop peu pour que les choses diffèrent de ses souvenirs..

Enfin, ils arrivèrent. Trop tôt, pour la moitié de ses sentiments, qui sentaient l'angoisse l'engloutir peu à peu, et qui le tétaniserait quand il faudrait avouer tous les mots que son cœur voulait qu'il lui dise... Enfin, pour la l'autre moitié de ses sentiments, qui n'avaient qu'une hâte, c'était de pouvoir la contempler à nouveau... Pouvoir s'entretenir avec elle, à nouveau... Pendant qu'il s'avançait devant la porte, et qu'on le priait d'entrer, il tenta de se remémorer les instants heureux qu'ils avaient vécus à Brienne... Pourquoi n'avaient-ils pas duré toujours, ces moments de tranquillité, ou l'un et l'autre pouvait se confier, sans se soucier d'autre chose que de la chaleur du soleil, et la fraicheur du vent...

Mais sa peur le reprit, au fur et à mesure qu'on le faisait avancer dans la demeure. Ce soir funeste ou tout avait pris fin... Comment ne pouvait-elle pas lui en vouloir ? C'était une pure folie d'être venu jusqu'ici... Elle était en deuil, et son attitude à l'enterrement ne laisse guère de place à l'interprétation. Pour elle, Brienne était une parenthèse, éventuellement agréable, mais refermée... Que cherchait-il encore ici alors ? La revoir une dernière fois avant de se faire congédier à jamais ? Préférer la souffrance de ses reproches à l'impossibilité d'être avec elle à nouveau, et surement pour la dernière fois ?


Si vous voulez bien attendre ici, je vais la prévenir de votre arrivée. Vous prendrez quelque chose ?

Il cligna un instant les yeux, et se contenta d'hocher la tête. Ses pensées l'avaient emmené bien loin de l'endroit ou il était, et il découvrait une petite pièce, mais forte agréable, qui lui fit aussitôt penser à la salle des échecs de Brienne. L'atmosphère respirait la tranquillité. Mais celle-ci semblait être plus studieuse, comme l'indiquait les livres rangés là, et le bureau que l'on utilisait probablement pour écrire. Les fauteuils semblaient confortables, et contribuait à donner cette ambiance agréable. Il hésita un instant. Devait-il s'assoir en l'attendant ? Où l'attendre debout, les bras croisés ? Ou les mains derrière le dos ? Aucune attitude ne semblait réellement le convenir... La seule attitude qu'il avait envie d'avoir, c'était de courber le dos, et de regarder par terre, mais ce n'était décemment pas une attitude qu'il pouvait se permettre devant elle..

L'oreille aux aguets, mais n'entendant aucun bruit de pas annonçant sa venue, il essaya de trouver un moyen de ne pas entamer des cent pas, qui ne feraient qu'augmenter sa nervosité. Il se plaça donc devant la petite bibliothèque, et essaya de se perdre dans la contemplation des titres qui s'y trouver.. Peine perdue d'ailleurs, à peine avait-il lu un mot que ses pensées repartaient vers les émotions contradictoires qui menaçaient de le submerger tout à fait. Et si elle n'était pas là, partie faire une course par exemple ? Et si...

La porte se referma, et il lui fallut toute sa maitrise pour ne pas bondir, et se retourner avec la vitesse qui convenait. Ni trop rapide, pour ne pas montrer à quel point il était tendu, ni trop lent, n'ayant pas le moindre soupçon d'arrogance en lui. Et enfin, il la vit. N'y avait-il pas quelque magie, pour qu'il la trouve encore plus belle que la dernière fois qu'ils s'étaient croisés ? Encore plus belle que dans ses souvenirs, et dans ses rêves ? Et elle lui souriait... Avait-il déjà contemplé plus beau sourire, qui lui réchauffait instantanément le coeur ? Et qui faisait disparaitre tous ses doutes... ou du moins les atténuait. Non, elle ne semblait pas lui vouloir le jeter dehors, en lui hurlant tout le mal qu'elle pensait de lui... C'était à lui à présent de ne pas enlever de ses lèvres ce magnifique sourire.


Lily...

Il se figea un instant, se rendant compte à quel point la sonorité de ce simple mot faisait naitre en lui une cascade de sentiments et de souvenirs... Voila qui n'allait décidément pas arranger cette conversation... Il se força cependant à continuer.

Bonjour... Et euh... oui, je crois...

N'avait-il pas oublié de répondre quand on lui avait posé la question, perdu qu'il était dans ses angoisses ? Décidément, il gâchait tout avant même d'avoir commencé à parler...

Enfin, ce n'est pas grave... Enfin...

Il s'obligea à serrer les mâchoires, pour éviter qu'il se mette à bafouiller... Cela ne pouvait décidément pas être pire... Il secoua la tête, et fixa le sol, à ses pied, avec la furieuse envie de s'y fondre dedans...

Oh Lily... je n'y arriverais pas...
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MessageSujet: Re: [1456-12] La promesse   Lun 4 Mai - 22:51

Lily s'était avancée à pas lents et avait posé ses mains sur le dossier du premier fauteuil sur son chemin. Elle l'observait de ses grands yeux verts. Elle ne l'aurait pas avoué mais elle était heureuse de sa présence. De Brienne, sa mémoire avait gardé de bons souvenirs, avait même adouci les tensions qu'il y avait eu entre eux au début. Seulement ses sentiments restaient partagés par le fait qu'il se soit toujours fait passé pour son frère jusqu'à ce que la jeune fille se rende à l'évidence. Il avait menti. Elle avait été loin de considérer la situation avec humour.

Elle baissa le regard se sentant intimidée par ses yeux bleus qu'il avait rivés sur elle alors qu'il prenait la parole. Elle retint un froncement de sourcils, perdit son sourire en le voyant balbutier, ne comprenant pas si oui ou non on lui avait proposé une collation, si oui ou non, elle devait en demander et elle resta suspendue à sa dernière phrase, interpelée. Totalement dans le flou, elle faillit demander au jeune homme s'il souffrait d'un quelconque mal parce qu'elle ne l'avait jamais vu dans un état pareil mais elle se ravisa. D'une voix claire, elle brisa le silence :


« Avez-vous quelque ennui que ce soit ? Vous semblez en peine. Si je puis vous apporter une aide... Mais auparavant prenez place !»


De son air candide, elle lui désigna, d'un mouvement élancé, le fauteuil jusqu'en face de celui qu'elle s'était appropriée, les mains sur le dossier qu'elle se destinait.
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MessageSujet: Re: [1456-12] La promesse   Mar 5 Mai - 0:21

Son regard se posa à nouveau vers son visage, qui ne semblait refléter que la bonté, et un peu d'inquiétude. Comparé au sien, probablement ravagé par la honte et l'angoisse, le contraste était saisissant... Il était venu ici pour la réconforter après sa terrible épreuve, et le voila presque pleurant à ses pieds, incapable de s'exprimer correctement... Un sursaut d'orgueil parvint enfin à le faire se redresser, et il recommença à s'exprimer de manière plus posée, tentant de canaliser la peur qui lui serrait encore la gorge.

En peine... Oui, d'un certain côté, la peine ne m'a jamais quitté, depuis... depuis votre départ de Brienne.

Il s'avança vers elle, et se posta devant le fauteuil qu'elle lui destinait, hésitant encore avant de s'installer.. En deux pas, il pouvait être contre elle, la prendre dans ses bras, et lui avouer tout ce qu'il rêvait depuis de longs mois... Et la perdre probablement, dans la foulée... Il serra donc son point, laissant sur sa paume la marque de ses ongles, et pris place en face d'elle. C'était confortable, pensa-t-il, ce qui ne fit que rajouter à son estime pour la personne ayant décoré et choisi ainsi tous les meubles qui la rendaient si chaleureuse et vivante...

Cette pensée suffit à le calmer pour un instant, et il put continuer, plus posément, sans la quitter des yeux.


Dame... Lily, je n'étais pas venu pour ça... C'était moi qui devait vous apporter mon aide, dans l'épreuve que vous traversez... C'est à moi d'être là pour vous...
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MessageSujet: Re: [1456-12] La promesse   Mer 6 Mai - 11:27

La nervosité qu’elle percevait chez le jeune homme ne faisait qu’augmenter la sienne. Elle ne savait que penser de sa réponse. En peine depuis qu’elle s’en était allée… Etait-ce parce qu’elle avait mal remercié son hospitalité ? Il est vrai que fâchée comme elle l’était, elle n’avait guère été loquace. Etait-ce parce qu’il y avait eu à s’expliquer en profondeur avec son frère et qu’ils s’étaient disputés ? A la fois fascinée et perplexe de cette ressemblance qui pouvait faire passer l’un pour l’autre, elle s’interrogeait sur leurs relations atypiques. Ou était-ce son départ et donc son absence qui l’avait peiné ?

Lily se laissa tomber sur le fauteuil plus qu’elle ne s’assit dignement, montrant que cette pièce lui était familière et qu’elle ne s’embarrassait pas des convenances en présence de son invité. Il était trop tard lorsqu’elle s’en rendit compte mais elle n’y accorda pas plus d’importance que ça et répondit avec calme et avec cette même volonté de conserver une distance entre eux et qui lui avait fait proposer un siège en face plutôt que de celui qui était à sa droite :


« Je n’ai guère envie de m’épancher sur mon malheur… En parler ne me ferait que larmoyer. Je vous épargnerai ce spectacle affligeant… Je préfère une certaine solitude… C’est pour cela que je ne vous ai pas répondu… »

Elle s’interrompit un instant. Ses yeux virèrent vers le foyer puis revinrent à lui :

« Néanmoins je vous remercie du soutien que vous voulez m’offrir. Peu de gens m’ont montré autant de sympathie que vous… »

Elle étira à peine ses lèvres. A cette dernière pensée, son cœur se serra.

« Etait-ce là ce dont vous teniez tant à m’entretenir au point de rester à l’auberge jusqu’à ce que nous vous recevions ? »
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MessageSujet: Re: [1456-12] La promesse   Mer 6 Mai - 23:37

Il sentit son ventre se nouer... De honte, et d'inquiétude, cette fois, sa peur l'ayant quitté un instant.. Il s'en voulait de lui avoir parlé de son parrain, alors que les souvenirs devaient être encore frais dans son esprit... De s'être imposé à elle, en lui ayant écrit cette missive, alors qu'elle n'aspirait qu'à la solitude pour oublier en paix... Mais il s'inquiétait pour elle, et aurait aimé tout faire pour chasser de son esprit, ne serait-ce que pour un instant, la figure de Joffrey, spectre qui semblait flotter actuellement entre eux, et qui les éloignaient...

A croire qu'il devait toujours y avoir quelqu'un pour les éloigner, quoi qu'ils fassent... A Brienne, c'était Richard qui l'avait empêché d'être franc avec elle.. Ici, c'était Joffrey qui lui rendait sa visite impossible... Il aurait mieux fait de rentrer au château, et de l'oublier, elle lui en aurait probablement était reconnaissante... Il hésita à lui répondre sur son soutien... Que lui dire de plus que ce qu'il lui avait déjà dit..

Mais sa dernière phrase changea aussitôt ses entrailles en plomb... Il s'était imaginé cette conversation des milliers de fois, le moment où il lui dirait enfin tout ce qu'il avait tant rêvé lui dire... Et pourtant, à cet instant, il se sentait incapable de lui répondre... Lui mentir, encore une fois, en lui disant que oui, ce n'était que pour lui dire qu'il était la pour l'aider, et repartir ainsi, après un échange de sourire qui sonnerait sans doute faux... ? Non, il ne le pouvait plus.. S'il repartait maintenant sans tout lui avouer, il ne se le pardonnerait jamais... Et pire, il risquait de ne plus jamais la revoir....


Et bien... En partie oui...

Il inspira, et se força à quitter un instant son visage des yeux... Il lui serait impossible de tout lui dire en contemplant ses yeux si magnifiques.

Oui, je veux vous offrir tout le soutien dont je suis capable... Oui, j'aimerais être capable de soigner votre coeur, tout comme à Brienne, Onagre su soigner votre corps... Et oui, je me moque du temps que cela prendra, mais j'aimerais être là pour vous... parce que...

L'hésitation ici dura plusieurs instants... Les yeux rivés sur l'âtre, il se refusait à tourner la tête, de peur de croiser son regard qui l'empêcherait de terminer. Enfin, il murmura plus qu'il ne dit les derniers mots :

.. parce que vous m'êtes tout...
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