Duché de Brienne et Duché de Rethel

Lieu de vie des familles di Favara & Fontanaz ainsi que de leurs vassaux
 
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 Quand le destin s'en mêle...

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Maltea di Favara
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MessageSujet: Quand le destin s'en mêle...   Dim 17 Oct - 15:28

Par une sombre nuit à sainte-Ménehould

Le campement hors de la ville avait été levé. La duchesse se tenait droite au milieu du tumulte grandissant. Ordre avait été reçu de pénétrer en ville afin de garder la mairie. Le maire avait été prévenu par ses soins et c'est confiante qu'elle en avait pris la direction, devançant ainsi ses troupes.
Il faisait nuit noire, un ciel sans luminosité ou très peu. La lumière blafarde de la lune peinait à se dévoiler. Etrangement, une odeur de mort flottait sur la ville, La Brienne di Favara s'arrêta un moment, l'oreille aux aguets du moindre craquement, ses yeux essayant de forcer la pénombre ambiante. Elle avait donné rendez-vous au maire afin de discuter de certain point et étrangement celui-ci ne s'y trouvait... du moins en apparence... un craquement de brindille se fit entendre, et alors que la duchesse se retournait, une douleur fulgurante lui transperça le ventre. Elle n'eut le temps que d'apercevoir le visage de son agresseur... non ce qui la frappa le plus fut l'accent de l'homme... on aurait dit qu'il venait de l'Empire...
La duchesse sentit le froid s'emparer de son corps et n'entendit qu'un bruit sourd avant de sombrer dans un sommeil de mort. Elle ne put se rendre compte que le bruit avait été celui de son corps s'effondrant sur le sol froid et dur, devant la mairie. Elle ne pouvait savoir non plus que l'homme qui venait de la pourfendre était en fait un défenseur à qui la nuit n'avait laissé aucune chance de reconnaitre l'ancien maire ménehildien... la faute à qui? A une personne qui s'était amusé la nuit précédente à vouloir prendre de force la mairie? La faute à ce manque de lueur qui avait fait passer la duchesse pour un maraud? La faute au maire qui n'avait pas prévenu les défenseurs? Non la faute à pas de chance... A ce fichu destin qui en avait décidé ainsi...
La vie quittait peu à peu le corps de la blonde duchesse au fur et à mesure que son sang se répandait sur le sol, lui donnant une teinte d'un beau rouge sombre...


Flottant entre la vie et la mort

Maltea se sentait bien, la douleur n'était plus qu'un mauvais souvenir et c'est avec bonheur qu'elle aperçut auprès d'elle une silhouette qu'elle connaissait très bien. Richard était là, tendant la main, elle pouvait le toucher. Elle se releva en riant se jetant dans les bras de cet homme qu'elle aimait.
Comme c'était étrange... lui, avait un visage triste lorsqu'il la serra dans ses bras.
Il n'était pas heureux de la revoir? La joie de la duchesse se dissipa et elle caressa la joue de cet époux tant aimé avant d'ouvrir la bouche.


Pourquoi cet air triste, mon aimé? Tu n'es pas heureux que je vienne te rejoindre?

Maltea le regarda inquiète... Elle avait toujours pensé qu'il l'attendrait avec impatience et là....


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RicW
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MessageSujet: Re: Quand le destin s'en mêle...   Dim 17 Oct - 16:31

Richard pensait .... La mort ... On lui en avait souvent parlé, et il y avait quelquefois (bien qu'assez rarement il faut bien avouer) réfléchi à ce concept ... Que fait on après la mort, que devient-on ...
Et bien, à tout prendre, c'était à la fois très différent de la vie, mais sur certains côtés très proches. On s'occupait comme on pouvait, en attendant que les gens qui vous sont chers vous rejoignent... Il avait pu ainsi voir son père, l'homme qu'il n'avait jamais connu... La mort était finalement pas si désagréable que cela, sur certains côtés, même si, sans substance corporelle, on perdait quand même beaucoup...

Au final, comme beaucoup qui venaient récemment de perdre la vie, l'occupation principale restait d'observer ce qui se passait dans le vaste monde des Vivants. C'était vraiment réjouissant de pouvoir tout voir et tout comprendre.... Mais tellement frustrant de pas pouvoir intervenir, quelque que soit sa volonté ... Tout au plus pouvait-il accueillir quelques âmes connues et désorientées et leur montrer le chemin de l'après-vie...

C'est dans une telle posture que Richard se trouvait quand il crut mourir une seconde fois. On venait d'attaquer sa bien-aimée, on venait de blesser son épouse, on allait tuer sa Maltea ! Il voyait l'action se déroulait lentement, si lentement ... et il ne pouvait pas émettre un son, un mouvement pour la protéger ... il sentit son étonnement, sa tristesse et sa douleur, tous sentiments mélangés ... et puis plus rien, l'espace d'un instant...

Et elle était là, devant lui ... Non ! Elle ne pouvait pas, pas maintenant ... Elle l'aperçu, et il ne put que refermer les bras sur elle .... Non ! Il ne fallait pas ...
Un long instant, il gouta au plaisir de l'avoir tout contre lui.. des souvenirs enfouis pendant des éternités revenaient à lui, souvenirs d'une vie qu'il avait passé à ses côtés et qui étaient les plus beaux de son existences ... Puis il s'écarta d'elle.


Pourquoi cet air triste, mon aimé? Tu n'es pas heureux que je vienne te rejoindre?

Entendre sa voix fut une bénédiction ... mais il ne pouvait pas se laisser fléchir ! Il ne pouvait pas la laisser abandonner..

Mon amour... Ton heure n'est pas encore arrivée ... Chaque seconde loin de toi est une souffrance, mais nous devons encore attendre ... Tu as tant à faire ...

Il lui déposa un doux baiser sur ses lèvres, juste une caresse comme peuvent le faire deux âmes en communion.

Vis pour moi, mon ange. Vis longtemps, pour nous deux ! Nous aurons toute l'éternité pour nous ... mais il te reste encore tant à vivre !

Il s'éloigna d'elle, n'arrivant pas à détourner son regard de son visage, malgré les larmes qui menaçaient de déborder de ses paupières.

Vis !
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Maltea di Favara
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MessageSujet: Re: Quand le destin s'en mêle...   Dim 7 Nov - 20:53



Lisone a écrit:
Dieu que la nuit était froide en ce début d'automne, que le ciel était sombre ainsi couvert, et que la jeune femme se sentait fatiguée de sa journée de voyage jusqu'à Sainte Méné. Le travail à la mine ne l'aidait pas et le repos à l'auberge qui l'attendait allait être un véritable plaisir. Bien sûr il était préférable de gagner quinze écus sonnants et trébuchants plutôt que les cinq alloués par l'Église, mais la fatigue était somme toute bien différente. La jeune femme aux longs cheveux de jais et aux yeux sombres marchait d'un pas lent, frottant ses mains sur ses bras pour tenter de se réchauffer un peu alors que son souffle se matérialisait dans l'air glacé sous la forme d'une vapeur tiède montant jusqu'au cieux. L'hiver serait bientôt là, et avec lui les premiers morts, ceux qui ne supportaient pas les changements de température, ou bien qui seraient emportés par la maladie ou la faim. Lisone savait cela, et elle se félicitait de pouvoir travailler encore malgré sa frêle constitution. Peu robuste, on l'avait chargée du tri des caillasses de la mine, ce qui expliquait les écorchures sur sa peau ici et là. Qu'importe. Comme dit le prêtre lors de ses oraisons, heureux celui qui connait la félicité d'un ventre plein et d'un toit au-dessus de sa tête, car celui-ci connait la valeur de la sueur et du sang versés. Et justement, ce soir-là, alors que la jeune femme longeait la Mairie en direction de sa demeure temporaire, à savoir l'Auberge, elle heurta quelque chose qu'elle n'avait pas vu sur le chemin et tombe à genoux sur le sol. Ses mains rencontrèrent durement le sol mais également quelque chose de tiède et d'un peu poisseux, avec une odeur très forte qu'elle reconnue immédiatement en levant sa main devant son visage.

Mais c'est... !

Tournant la tête en direction de la forme gisant sur le sol, Lisone reconnue les courbes d'un corps, celui d'une femme de toute évidence si l'on en jugeait par les attraits généreux. Elle poussa un bref cri de stupeur et se précipita sur elle, cherchant la blessure qui provoquait une telle hémorragie. Fébriles, ses mains tâtonnèrent le buste non sans rougir de honte de palper ainsi un corps, puis glissèrent vers le ventre de l'inconnue. Découvrant la blessure, Lisone expira bruyamment pour évacuer la tension de ses muscles qui menaçaient de se bloquer. Rares étaient les blessures de ce genre qui s'étaient imposées à sa vision, mais fort heureusement le sang ne la dérangeait pas. Déchirant un pan de son jupon intérieur, seul tissu qui survivait au travail minier sans être sali, elle entreprit de stopper l'hémorragie du mieux qu'elle pouvait, pressant fortement la plaie grâce à l'adrénaline qui lui redonnait soudain énormément de force.

Restez en vie ! Restez en vie, qui que vous soyez !

Lisone jeta un regard alentour, les rues étaient désertes, pas même un chat ou un rat, encore que ces derniers ne tarderaient pas à montrer le bout de leur museau avec un tel menu de choix, ces rongeurs ne laissant jamais une occasion de festoyer allègrement sur les cadavres. Pourtant cette femme vivait encore, elle le sentait, le sang battant contre le tissu et ses paumes. L'hémorragie perdant du terrain face à sa détermination. Lisone tremblait des pieds à la tête, et elle déglutit à plusieurs reprises avant de se mettre à hurler à pleins poumons, sa voix résonnant dans les rues et ruelles alentours, de quoi réveiller forcément ceux qui dormaient dans les maisons avoisinantes et alerter au moins ceux de la Mairie.

A L'AIDE ! PAR PITIÉ, QUELQU'UN ! AU MEURTRE !!!

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MessageSujet: Re: Quand le destin s'en mêle...   Dim 7 Nov - 20:55




Nebisa a écrit:
La Malemort venait à peine de quitter son lit, vide et froid car déserté sans raison, quand un messager de la maison de la Duchesse de Rethel s'était présenté. Aussitôt informée, la Chieuse s'était fait vêtir et coiffer pour rejoindre les écuries ducales et réquisitionner un attelage, elle évitait de chevaucher depuis quelques semaines maintenant, pour rejoindre la bonne ville de Sainte Méméhoulde ou l'attendait celle qui n'était pas tout a fait une amie mais pas du tout une ennemie, une espèce de rare de femme, celles qui ont dans leurs veines le souffle de la Grande Chieuserie... et qui serait sous peu sa patiente.

Elle avait prit soin de se munir de sa vieille sacoche de cuir souple contenant son matériel de médicastre, ses onguents, ses poudres, ses herbes et racines de guérisseuse, présumant que l'état de la Duchesse requerrait d'avantage que des propos compatissants et vœux de prompts rétablissements.

Une fois arrivée à destination, elle ne peut que remarquer un attroupement de badauds, notables ou pécores, autour d'une carcasse qui ne peut être que celle de la ducale blonde...

Avec difficulté, elle joue des épaules pour tâcher de rejoindre la dépouille, enfin la blessée, n'allons pas l'enterrer avant l'heure, écrasons ça et là quelques pieds au passage.


Excusez moi... pardon... excusez moi... pardon... exc... oh puis ça commence à bien faire... Décarrez, bande de vautours, ou je vous fais engeôller une semaine au pain sec ! C'est pas la foire à la saucisse ici ! Allez, on rentre chez bobonne et on laisse passer !

Une fois la foule dispersée, faut dire que le coche aux armes ducales, l'air d'autorité de la Marquise et son ton de molosse en rogne ont un effet plus que saisissant, elle s'agenouille, avec difficulté du fait de son abdomen proéminent, à coté de la blonde ensanglantée, saluant la demoiselle parvenue auprès de la victime avant son arrivée.

Vous connaissez la Duchesse ? Vous allez pouvoir m'aider... il va falloir la conduire dans sa demeure mais avant nous devons tâcher de la rendre transportable... en plus si j'inonde un coche ducal de sang, le Duc serait capable d'aller se plaindre au Grand Maistre et je vais encore me faire sonner les cloches...

Tout en débitant son laïus, un moyen comme un autre de masquer son effarement devant les litres de sang déversés sur les pavés et devant le visage violacé de la Duchesse, signe évident qu'elle a sacrément ramassé cette nuit, la Malemort entreprend de palper le corps martyrisé, à la recherche de fractures et des points d'entrée des épées assassines...

Abdomen... flanc droit... une ou deux cottes cassées et peut être la jambe aussi, mais là n'est pas la priorité... Vous avez épongé le sang, c'est bien.... maintenant, nous allons comprimer la plaie pour en suite la transporter.

Relevant la tête, elle avise un dernier badaud demeuré là par crétinerie ou tendance suicidaire.

Hep ! Toi là bas ! Oui, toi, le poivrot avec ton gros nez et tes verrues, vas me chercher une pièce de toile d'une toise et dit au coche d'avancer pour se tenir prés à rejoindre l'hostel de la Duchesse aux râteaux.... ET PROPRE LA TOILE !

Prenant la main de l'inconnue pour la poser sur le haut de la cuisse ducale, se disant que ce doit bien être la premiére fois que Maltea se fait passer dessus de la sorte...

Appuyez ici, de toutes vos forces, pendant ce temps je vais tacher de comprimer les plaies annexes, quand Lourdot sera revenu, nous nous servirons du drap pour la déplacer... oh, j'allais oublié, Nebisa, enchantée de vous connaitre.

Écartant à présent une mèche blonde rougie par le sang des joues livides de Maltea, elle lui tapote la joue pour y faire revenir quelques couleurs.

Et vous, interdiction de mourir, la mort, c'est pour les faibles ou les chanceux, vous, comme moi, n'appartenons pas à cette espèce là... Et puis, après, on va dire que j'ai commandité votre assassinat, ça va me faire des ennuis et personne ne croira à mon innocence... donc, pas question de trépasser...

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MessageSujet: Re: Quand le destin s'en mêle...   Dim 7 Nov - 20:55





Lisone a écrit:
Une nuit froide n'était pas l'idéal quand on était blessé, et encore moins quand on se vidait de son sang. Au fur et à mesure, divers badauds s'attroupèrent autour de Lisone et de la Duchesse étendue près d'elle. Ignorant qu'on avait déjà envoyé un messager, elle leur demandait d'aller chercher un médecin, mais personne ne bougeait. La seule chose qui semblait les intéresser était de constater l'état critique de la dame blonde que la manante essayait désespérément de maintenir en vie. Ils lui donnèrent l'impression d'être des bêtes dépourvues du moindre bon sens, et c'est avec colère qu'elle leur cria dessus.

Mais ne restez pas plantés là comme ça ! Aidez-moi à la place, TAS DE VAUTOURS !!!

Mais personne ne bougeait, personne ne réagissait. Ils auraient très bien pu être des zombies ou des fantômes que cela n'aurait rien changé. La vie avait appris à la pauvresse la cruauté de ceux qui ne manquaient jamais de rien, à différents degrés. Elle de son côté avait été élevée avec certaines valeurs, et aider son prochain en faisait partie. Lisone secoua la tête et continua de faire pression sur la plaie alors qu'une femme se mettait à crier pour qu'on la laisse passer. C'est dans un état de fatigue et de léger choc que la jeune femme aux longs cheveux de jais vit s'avancer une femme richement vêtue, une sacoche en cuir à la main, et terriblement enceinte. La foule se dispersa rapidement, à l'excepté d'un homme, et l'inconnue prit place à ses côtés. Elle croyait qu'elle la connaissait, mais Lisone, encore sous le coup de la surprise, se contenta de secouer la tête en signe de négation. Rapidement, la femme constata l'état de la victime et donna différents ordres. A l'écouter, la pauvresse comprit qu'il s'agissait là d'une Duchesse, et un léger tremblement s'empara d'elle. Risquait-elle quelque chose? Des accusations peut-être? Elle espérait que non. Plaçant ses mains selon ses directives, elle fit pression aussi fort qu'elle le pu malgré son état de faiblesse avancé du à la malnutrition.

En... Enchantée dame Nebisa. Je suis Lisone, fille de personne.

Orpheline donc, et rien que l'état pitoyable de ses vêtements indiquait sa condition et son appartenance au petit peuple. Continuant de rester concentrée pour tenter d'apporter toute l'aide possible, elle entendit les paroles adressée à la femme étendue dans son sang et se douta fortement que c'était là une noble dame également. Dans quoi s'était-elle donc embarquée?

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MessageSujet: Re: Quand le destin s'en mêle...   Dim 7 Nov - 20:56

--Kelso_ a écrit:



Son errance est le reflet de son tourment intérieur, il ne parvient pas à se détacher de la société qu’il fuit, se laissant envahir par la culpabilité et cette impression malfaisante de ne pas parvenir à assumer ses responsabilités : « C’était comme s’il était piégé, pris dans l’étreinte vicieuse d’une mélancolie qui le forçait à contempler sans répit les choses à l’origine de son découragement.
Mais vers quoi se dirige ainsi l’homme ? Le but qu’il poursuit n’est-il pas finalement lui-même, s’il est vrai que le voyage est avant tout découverte de la conscience et de son lien avec le monde ? Dans cette aventure de l’être, le pouvoir de l’homme voisine avec l’angoisse : la volonté de découvrir le monde étant l’indissociable de la volonté de se connaître soi-même, l’angoisse naît de percevoir en soi une ampleur d’inconnu que l’imagination porte bien au-delà de la pensée
ordinaire celle qui suffit à notre survie immédiate.

Une seule question le taraudait de plus en plus. L’errance n’est ni le voyage ni la promenade mais cette expérience du monde qui renvoie à une question essentielle : qu’est-ce que je fais là ? Pourquoi ici plutôt qu’ailleurs ? Comment vivre le plus longtemps possible dans le présent, c’est-à-dire être heureux ? Comment se regarder, s’accepter ? A en croire ce qu’il s’y passer, son cerveau n’avait jamais autant cogité. Cerveau qui cessa de penser quand Kelso aperçut une silhouette et un visage bien familier … Il eut un haut le cœur, sachant au fond de lui, où il était en fin de compte. Il s’approcha d’elle alors qu’elle était de dos. Impossible pou lui de voir quiconque autour d’elle, peut être voyons nous seulement ce qu’on désire.


Malty … ? Mais, qu’Est-ce que tu fais ici … ?

Il s’approcha d’elle lentement d’elle et fut, aussi bizarre que cela puisse être, rassuré. Rassuré de voir une personne connue dans cet endroit. Il sourit en coin, essayant aussi bien de se rassurer que de la rassurer.

Tu vas me suivre même jusqu’en enfer dis ?!

En la voyant pourtant au mieux de sa forme, il finit par se demander s’il n’était pas en train de rêver. Pas de douleur, pas de souffrance, rien, une paix intérieure assez inquiétante, oui, mais une paix …

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Maltea di Favara
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MessageSujet: Re: Quand le destin s'en mêle...   Dim 7 Nov - 20:57

Maltea a écrit:
Un frisson de bien-être lui parcourut l’échine lorsque ses lèvres caressèrent les siennes, mais étrangement un froid glacial s’installa… on aurait dit un baiser d’adieu… encore une fois. Il la congédiait purement et simplement. Vivre… mais elle n’en avait plus l’envie! Pas sans lui, pas sans son amour qui l’avait toujours maintenu dans le chemin qu’elle s’était tracée. Elle était lasse de cette vie, lasse de se battre dans le vide, de donner de sa personne et de ne récolter que des insultes. Brisée par le manque qu’il avait causé dans son être, dans sa vie. Elle devait vivre pour lui…. Cela faisait des mois et des mois qu’elle essayait, qu’elle tourbillonnait pour oublier le bonheur qu’elle avait goutté à ses côtés et qu‘elle avait perdu lorsqu‘il s‘était éteint dans ses bras. Comment pouvait il lui demander de vivre en sachant ce qu’elle endurait depuis son trépas, depuis qu’il n’était plus là pour lui prêter une épaule attentive, une épaule pour pleurer, la force de vaincre? Ce n’était plus qu’une femme brisée sous des apparences de froideur et son air hautain, se perdant dans le travail pour oublier sa vie avec lui… sans succès finalement.
Le revoir devant elle, pouvoir sentir son corps contre le sien, ses lèvres sur les siennes…. Revoir son doux visage, ses yeux voilés… il la quittait une fois de plus… la seconde fois…
La duchesse le voyait s’éloigner sans pouvoir le retenir. Une boule oppressait sa gorge et plus rien ne sortait, plus un son, plus un seul cri. Richard disparut et c’est seulement là qu’elle lui hurla son amour, tombant à genoux, les larmes ruisselants sur son visage marqué par la souffrance de perdre son âme sœur.
Elle resta ainsi prostrée avant de penser à une chose. Après tout, elle pourrait lui dire qu’elle s’était battue pour vivre, mais que par «malheur » le très haut en avait décidé autrement. Oui voilà, elle lui mentirait, tant pis, après tout, ce serait le premier mensonge qu’elle lui ferait, mais ça valait le coup pour rester auprès de lui. Maltea se retournant afin de trouver un endroit où attendre la mort vit une scène à couper le souffle. Une femme blonde, allongée sur le sol dans une marre de sang….


Oh mais c’est moi ça, il m’a pas raté tout de même!

Alors qu’elle se félicitait que personne ne lui vienne en aide, un gosse qu’elle avait à son service s’approcha du corps et prit ses jambes à son cou.

C’est bien petit, ça fait peur hein… je suis contente que tu sois partis en silence. Personne ne viendra comme ça.

Elle le suivit des yeux un moment et se demanda pourquoi il avait pris cette direction. Elle allait le suivre lorsqu’elle vit une silhouette féminine s’approcher d’elle et inspecter le tableau. La duchesse, du moins une partie d’elle, vu qu’elle était censée être étendue sur le sol froid et dur de Sainte-Ménehould essaya de la chasser.

Non mais arrête toi, qu’est-ce que tu fais, laisse moi mourir nom d’une pipe.

Maltea essaya de la pousser de dessus son corps mais en vain. Elle finit par se mettre en colère lorsque la jeune fille hurla au secours, au meurtre… la bâillonner, fallait absolument la bâillonner. Même mourir en paix, elle n’y avait pas droit. Fallait qu’une inconnue vienne mettre son grain de sel.
Alors qu’elle faisait les cent pas, se disant que dans son malheur, elle avait de la chance, vu que la jeune fille n’avait nullement l’air de savoir quoi faire, un troupeau de badaud s’approcha… rhaaa les rapaces, bien heureux de voir la Brienne en cet état surement. Ce n’était surement pas eux qui l’aideraient et c’était tant mieux.

Petit sourire de la duchesse, aux anges, il fallait bien le dire. Maltea tressaillit néanmoins lorsqu’elle entendit son surnom… cette voix… Kelso?
Elle se retourna et vit son ami se tenant là.


Et bien regarde par toi-même…

Elle pointa du doigt la scène qui se déroulait sur son corps sans vie.

Tu m’as tué Kelso, je ne te remercierais jamais assez. Tu as surement du oublier de prévenir de l’arrivée de mon armée et de moi-même, aux défenseurs. Les gardes ont fait leur travail…. Enfin surtout un.

Elle lui décocha un sourire avant de faire la moue…

Mais et toi… qu’Est-ce que tu fiches ici, tu n’es pas mort à ce que je sache, donc…
Ah mais non! Kelso !!! Faut vivre mon vieux, tu ne peux pas mourir, tu as encore beaucoup à faire sur cette terre. Allez file! Et puis je veux pas t’avoir dans mes pattes, non non, je veux être tranquille, juste Richard et moi, pas de Kelso pour tenir la chandelle…


Elle fut interrompue par une arrivée assez spectaculaire. La Malemort… de loin elle vit le petit page…. Arf, il avait donc été chercher de l’aide… la marquise en plus… il voulait sa mort, c’était pas possible autrement.
Les choses se succédèrent rapidement. La Ségur à genoux devant elle, la palpant, lui écartant une mèche rougie par le sang de sa joue… et un ordre…. Misère, même morte, elle osait lui donner des ordres… on aurait tout vu… ou entendu d’ailleurs.
La duchesse jubilait en entendant les derniers mots de Nebisa….


Ah oui tiens, faire accuser la Malemort d’un assassinat, ce serait drôle tiens!
Ceci dit d’un autre côté…. Je n’apprécie pas qu’on châtie des innocents… elle n’y est pour rien…
Hey mais qu’est-ce qu’ils font, où m’emmènent ils? Keslo faut les arrêter, sont capables de m’arracher à cette douce mort….


Le duchesse fut apeurée. Elle se sentait bien ici, elle ne souffrait plus, et puis elle n’aurait plus qu’à trouver son époux et pouvoir vivre ici, ce qu’ils avaient commencé de leur vivant…

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MessageSujet: Re: Quand le destin s'en mêle...   Dim 7 Nov - 20:57




Kelso a écrit:
Même morte, elle râlait encore plus ! La scène à laquelle il assistée était à peine croyable. Suivant le doigt de Malty, comme il aimé l’appeler, et posa ses yeux sur un corps quasi sans vie. C’était impossible, il n’aurait jamais fait ça … comment faire du mal à la seule personne … impossible, devait y avoir une autre explication. Quelques rues plus loin, c’était son corps à lui qui gisait sur le sol, une mort quasi mort simultanée à quelques mètres l’un de l’autre, une douce coïncidence. Il resta muet devant les commentaires de la Duchesse juste impassible. Elle n’avait rien à faire ici bien entendu mais comment lui faire entendre raison alors que lui-même n’y croyait pas. Elle avait toujours su le mener par le bout du nez, toujours à lui poser des ultimatums ou jouer sur l’affectif, et bah, cette fois n’ont plus sa n’avait pas loupé.

Pendant une demi-seconde, il se dit qu’en effet il ne l’avait pas loupé si c’était la vérité. Sourire presque car la situation était vraiment étrange et irréelle.


Il s’amusait à faire des signes devant les yeux de la Nebisa … aucune réaction. Sautillant même autour d’elle, en profitant pour faire le kéké. Il fixait dans les yeux la Duchesse de Malmort, tenta une approche de tirage de cheveux … toujours aucune réaction. Fort amusant !!

Il soupira et cessa ses pitreries quand il entendit qu’elle ne voulait pas qu’il reste dans ces pattes, tenir la chandelle … déprimant. Il y avait longtemps qu’il s’était résolu à la laisser tranquille mais en vain, ces sentiments enfoui au plus profond de lui, lui rappelait sans cesse qu’il n’était pas insensible.


Je n’ai pas l’intention de rester avec toi !! Manquerait plus que ça, que même après la vie, je sois obligé de te supporter.

Les arrêter … il soupira, quelle idée encore ! Tout ce qu’elle pouvait penser ou ressentir à ce moment précis, il avait ressenti cela un peu plus tôt. Aucune douleur, pas de souffrance, aucune peine, le paradis pour faire court. D'une part la mort replonge le vivant dans l’anonymat de l’être ou de la vie en général ; d'autre part, elle renforce, accomplit la singularité d’une vie individuelle, d’une histoire, d’un ‘destin’.

Comment veux tu qu’on les arrête, regarde nous, on est des fantômes ! Puis, je n’ai pas envie de les arrêter.

Il se réinstalla à côté d’elle. Regardant la scène avec une certaine joie. Ils la sauveraient et c’était bien l’essentiel. Il s’appuya sur ces coudes, il resta calme et priait même pour qu’ils se dépêchent à emporter le corps. Il finit par se demander si son propre corps était toujours au milieu de la ruelle, m’enfin. Maltea semblait si inquiète, la vie ne devait elle pas primée sur la mort ? Tss, il lui prit la main pour essayer de la calmer et la faire revenir à la raison.

Ici, tout est calme, aucun bruit, aucun reproche. Il est hors de question que je sois responsable de ta mort, tu ne me mettras pas ça sur ma conscience aussi futile qu’elle soit. On te donne une seconde chance, qu’attends-tu pour la prendre ?

Il se leva, essayant de l’entrainer avec lui vers son corps. Après quelques pas, ils se trouvèrent tous deux au dessus de la scène, l’obligeant à regarder. Tous ces gens se donnaient de la peine pour l’aider, l’agitation en disait long autour d’elle. Il lui sourit en coin nerveusement, ne sachant même pas si lui, allait pouvoir revenir.

Il est temps que tu repartes, ce n’est pas ton heure. Ce n’est qu’un simple aperçut du bonheur que tu vois ici. Si cela se trouve, ce n’est que simple illusion du Sans Nom pour te berner à rester ici. On ne devrait pas choisir entre la vie et la mort …

Il lui lâcha la main se disant qu’au fond, elle ne l’aura plus dans les pattes.

Richard veille sur toi, il t’attend, tu n’as rien à craindre. Il t’attend depuis des années, il peut bien attendre encore un peu. Il ne t’en voudra pas.

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Quand le destin s'en mêle...
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